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Contes Juifs

Pourim 1988

Contes Juifs

Le jour de Pourim 1988, après avoir passé la journée à distribuer les Michloa’h Manot (les cadeaux de nourriture) ainsi que les Matanot Laévyonim (dons aux pauvres), nous étions enfin assis pour le festin de la fête. Soudain une sirène retentit : le signal était clair, cela signifiait que le Rabbi allait probablement distribuer des dollars à remettre à la Tsedaka (charité) en l’honneur de Pourim.

Mes invités se précipitèrent à l’extérieur pour courir vers le 770 Eastern Parkway, la synagogue du Rabbi. Comme nous étions des habitants locaux, nous nous demandions s’il était judicieux de nous présenter nous aussi devant le Rabbi : d’habitude nous ne prenions notre tour dans la queue que pour des événements particuliers : anniversaires, naissance, Bar Mitsva, mariages...

Mon mari jeta un coup d’œil sur les enfants : ils étaient déguisés – selon la coutume – et il estimait qu’ils n’étaient pas vêtus correctement pour passer devant le Rabbi (nous avions toujours revêtu nos habits de Chabbat pour ces occasions spéciales). Par contre, moi je pensais que le Rabbi serait heureux de voir les enfants respecter cette coutume ancestrale.

Après tout, c’était le jour de Pourim ! Finalement mon mari accepta mon raisonnement et nous aussi, nous nous sommes précipités vers le 770. Je tenais à la main mes trois plus jeunes enfants mais la porte de la synagogue venait de se fermer.

Nous avons décidé d’attendre un peu et, effectivement, au bout de quelques minutes, le secrétaire du Rabbi rouvrit la porte : le Rabbi avait demandé que d’autres Juifs se présentent et avait insisté pour qu’il laisse entrer les retardataires.

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Chabbat chez la famille Groner

Contes Juifs

Peu de dirigeants religieux contemporains, et certainement peu de dirigeants religieux juifs contemporains, ont suscité autant de curiosité – et d’ambivalence – que le Rabbi de Loubavitch.

Les médias religieux et laïques ont été fascinés par la dévotion de ses partisans et son influence politique disproportionnée en Amérique et en Israël, sans parler du claironnement de sa stature messianique par ses adeptes les plus ardents. À quand remonte la dernière fois que la mort d’un rabbin a fait la « une » des deux chaines de la CNN ?

C’était un homme des plus inhabituels : un héritier effacé d’une prestigieuse dynastie ‘hassidique, un ingénieur maritime formé à la Sorbonne, un polyglotte maîtrisant une douzaine de langues, le père sans enfant d’un demi-million de disciples.

Ma propre relation avec le Rabbi a connu une orbite elliptique : j’étais parfois proche, parfois loin, mais toujours magnétiquement attiré vers le point focal. J’aurais toujours une partialité assumée en faveur du Rabbi, non pas tant du fait de son influence mondiale que de celui de ma rencontre personnelle avec lui moins de trois ans avant son décès.

J’ai été un temps exposé à l’entourage proche du Rabbi de par mon amitié avec le rabbin Yossi Groner, l’émissaire Loubavitch en Caroline du Nord, fils du Rav Leib Groner, le secrétaire du Rabbi.

Ma rencontre avec le Rabbi intervint quelques mois après que la faillite de mon second mariage et la ruine de ma carrière rabbinique m’aient plongé dans un abime de dépression et de découragement.

Accompagné des rabbins Groner père et fils, ma rencontre avec le Rabbi dura une maigre demi-minute.

« Parfois, me dit le Rabbi en yiddish, un membre de la communauté dévoué peut faire infiniment plus de bien qu’un rabbin.

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Un rêve bien réel

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La célèbre ville arabe du Caire comptait jadis de nombreuses synagogues. Il y en avait de grandes et de plus petites, certaines possédaient des colonnes de marbre, d’autres des planchers de bois, mais toutes gardaient en commun une chose : quand sonnait l’heure de la prière, elles se trouvaient si remplies, que les Juifs avaient peine à se prosterner devant leur D.ieu sans se pousser les uns les autres.

Rabbi Isaac Louria appartenait à ces hommes de grande piété. Il ne manquait jamais une oraison de sorte que, même quand la synagogue était pleine, personne ne venait occuper son siège. Une fois pourtant il trouva à sa place un inconnu. Contrarié, il s’assit à son côté et ouvrit son livre de prières, lorsqu’il fut saisi d’une étrange curiosité. Se penchant vers l’homme, il s’aperçut que le livre qu’il tenait était plein d’obscures énigmes.

Rabbi Isaac Louria oublia tout ce qui l’entourait. Il se plongea dans les étranges symboles et pénétra, mot par mot, phrase par phrase, dans les mystérieux commentaires ; ainsi ne remarqua-t-il pas que l’oraison était finie depuis longtemps : tous les gens étaient partis et à la place de l’étranger, il ne restait que le livre ouvert.

A dater de ce jour, Rabbi Isaac Louria changea. Il quitta la ville pour s’installer dans une petite maison au bord du Nil, où il se consacra nuit et jour à l’oeuvre ésotérique. Personne ne savait que c’était un messager de D.ieu qui la lui avait apportée, et personne ne se doutait non plus que, dans la nuit, l’âme de Rabbi Isaac Louria s’élevait dans les hautes sphères célestes.

Là, elle s’instruisait auprès des Sages disparus depuis longtemps, et lorsqu’au matin elle regagnait son corps saint, Rabbi Isaac Louria révélait de grands mystères. Les Juifs bientôt vinrent à lui de tous les horizons, et Rabbi Isaac Louria lisait dans leur visage comme dans un rouleau de parchemin : il savait ce qu’ils avaient fait au cours de leur vie et ce que l’avenir leur réservait, et distinguait au premier coup d’oeil les bons et les méchants.

Une fois, peu avant le début du Chabbat, jour de repos, Rabbi Isaac Louria aperçut 4 voyageurs venant vers sa maison. Ils marchaient avec peine, comme après un long voyage, et leur visage était sombre. Rabbi Isaac Louria sortit sur le seuil. Dans sa simarre blanche qu’il portait pour accueillir le Chabbat, il rayonnait, tel un ange qui viendrait de descendre sur terre. En l’apercevant, les voyageurs s’arrêtèrent, emplis de crainte. Mais, avec un sourire bienveillant, Rabbi Isaac Louria leur dit :

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