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Le combat de Yaakov

Paracha Vayishla'h

Au sujet du combat de Yaakov il est écrit (Berechit 32,25) «et l’homme lutta avec lui (Yaakov) ». Nos Sages ZL nous expliquent (Berechit Rabah 77,3) il s’agissait de l’intervention de la puissance du taureau de Esaw. Il est connu que toutes leurs guerres contre nous sont en rapport avec notre condition d’exilés. Cet ‘homme’ veut renforcer et prolonger les conditions de notre exil. Son ambition consiste à imposer tellement l’exil, au point où il deviendra quasiment impossible de nous en extraire. Devant le constat que l’issue de l’exil semble totalement obstruée, ils en viennent à considérer avoir réussi à suffisamment se renforcer, et qu’il ne nous reste plus aucun espoir. L’essentiel de leur emprise se situe principalement au niveau de l’exil du Nefesh / de l’âme. Ce sont toutes leurs incessantes attaques contre le Nefesh de chacun parmi Israël. De là

découle l’essentiel de la prolongation de notre exil. Il a déjà été expliqué que l’essentiel de leur renforcement se répand au moyen du sentiment de tristesse. Et d’autant plus la tristesse et la mélancolie se diffusent, par la suite se développent également les instincts de concupiscence, d’avidité pour l’argent, de la colère, etc. De même, la tristesse rend particulièrement difficile toute occupation, comme il conviendrait, dans la Tefilah / la prière et ses réparations. Ce sont tous les efforts à déployer pour parvenir à s’élever vers la source de la joie, de la satisfaction. Si Hachem ne venait pas à notre aide, en envoyant dans chaque génération de vrais Justes, nous serions perdus. Ce sont tous ceux qui s’occupent de notre réparation qui luttent en notre faveur.

Depuis ce principe de cette guerre de Yaakov débute l’essentiel de la sainteté d’Israël. Elle est principalement concentrée sur ce principe de la joie d’Israël (Ps. 14,7) « Yaacov sera dans l'allégresse, Israël se réjouira ». Parce que Yaakov correspond à la vérité, comme il est écrit (Michah 7,20) « Tu donneras la vérité à Jacob ». La vérité éclaire la lumière de la Face. Elle est la notion de vie, de satisfaction. Car l’essentiel de la joie, qui est la vie, se rapporte au point de vérité dans le cœur de chaque personne d’Israël. Parce que le Nefesh de chacun d’entre nous possède une parfaite perception de la sainteté de la Emounah / la croyance d’Israël. C’est là toute notre joie ! Et (Ps. 104,34) « moi, je me réjouirai en Hachem », ce qui correspond (ibid. 33,21) « car notre cœur se réjouira en Lui ». Et comme il est écrit (Ps. 43,4) « et je viendrai vers l'autel de l’Éternel, vers l’Éternel de la joie de mon allégresse ». Ce qui correspond (Ps. 149,3) « qu'Israël se réjouisse en Celui qui l'a fait ».

Ainsi chaque personne, en fonction de ce qu’elle est, si elle se rappelle à elle-même qu’elle est une descendante d’Israël, et de tout temps nous avons été sauvés des ténèbres par de nombreux moyens, elle peut se réjouir elle-même grâce à cela, peu importe où elle se situe. C’est pourquoi l’essentiel de la joie se réfère à la sainteté de Yaakov. Parce qu’il correspond au principe de la vérité qui est enraciné en nous, dans chacun d’Israël. Mais le mauvais penchant et les autres tendances s’attaquent à chacun d’Israël plus particulièrement contre cette notion. Ils commencent par l’inciter et à l’entraîner à fauter. Ils l’empêchent de servir Hachem au moyen de toutes sortent de perturbations concernant son argent, son revenu, etc., et ensuite, ils continuent à se renforcer contre lui au moyen de la tristesse et de la dépression. Et surtout au moment d’un réveil, au commencement d’un engagement à entreprendre quelques actions dans la sainteté, de revenir vers Hachem. Alors, en renforçant contre lui la tristesse, cela s’avère pour lui très dommageable. Par conséquent, l’essentiel de l’exil d’Israël et de l’exil de la Présence dépend de la tristesse.

C’était tout le combat de Yaakov, lorsqu’il lutta avec ‘cet homme’. Ce dernier voulait obtenir ainsi la prolongation de l’exil, principalement au moyen de la tristesse. Parce que face à Yaakov lui-même, il ne détenait aucune force. Yaakov était extrêmement saint et pur dans la sainteté de l’Alliance. Il n’était entaché d’aucune faute d’où provient le désespoir. Aussi, il mérite de représenter l’essentiel de la joie et de la vérité. Mais à cause de nos nombreuses fautes se renforce (Berechit 32,26) « il le frappa à l'emboîture de la cuisse ». Avec comme conséquence (Midrach Tehilim 58 fin), il a porté atteinte à ses enfants et contre toutes les générations à venir. Elles correspondent aux pieds, cette notion des « talons du Mashiah ». L’essentiel de leur renforcement s’en prend au principe des pieds. Car leur emprise se situe principalement dans les écorces, aux aspects apparemment périphériques (Pardes, porte 23, Perek 20). Ce sont toutes les sortes de tristesse, le principe (Michlei 5,5) « ses pieds descendent vers la mort ». Parce que (Berechit 32,26 suite) « ainsi l’emboîture de la cuisse de Yaakov fut démise ». Raison pour laquelle (ibid. 32,33) « c'est pourquoi les enfants d’Israël ne mangent pas jusqu’à ce jour le nerf sciatique ». Le Zohar (I,70) relie cela avec Ticha BeAv. Alors, le Sanctuaire a été détruit, à cause de tous les pleurs et de la tristesse gratuits. La notion (Bamidbar 14,1) « et le peuple pleura pendant la nuit ». Il s’ensuit l’explication (Taanit 29.) que vous avez pleuré gratuitement, Je fixerai pour vous des pleurs pour les générations. Car dorénavant, nous devons pleurer à Ticha BeAv, au milieu de la nuit, sur la destruction des Sanctuaires, pour adoucir à sa racine le jugement (Kavanot R.H. 7). Pour réparer les pleurs et la tristesse mentionnés, pour ces Nefashot / âmes qui sont sorties de la ‘hanche’ de Yaakov.

Cet ‘homme’ lui a dit (Berechit 32,27) « laisse-moi aller, car l'aurore se lève. Et Yaakov lui répondit : je ne te laisserai pas aller, tant que tu ne me bénis pas ». Yaakov a estimé, du fait qu’il l’avait atteint à la hanche, contre le principe des pieds, pour renforcer la tristesse, qu’il n’allait pas le laisser partir ainsi. Aussi, dans sa grande force Yaakov a exigé sa bénédiction pour le laisser partir. Cela se rapporte au verset (Yeshiyaou 35,10) « ils atteindront la joie et le plaisir ; la douleur et le gémissement auront fui ». C’est lorsque l’affliction et les larmes s’apprêtent à s’enfuir, que se renforce la joie. Cela correspond à l’envoyé de Esaw, d’où découlent tous les exils. Car de lui résultent tous les chagrins et les plaintes. Il veut s’éloigner de Yaakov au moment où s’élève l’aube. Il constate qu’alors chacun d’Israël se renforce, ils s’enveloppent avec leur Talith et mettent leurs Tefilin avec empressement et enthousiasme. Et ils récitent de nombreux chants et louanges dans la joie. Et grâce à la force des Justes, ils élèvent de saintes étincelles. Raison pour laquelle il a demandé à Yaakov de le renvoyer au moment du lever du jour, au moment approprié pour exprimer ses louanges. Parce qu’en haut tous les anges s’expriment dans la joie des chants. C’est toute leur existence. Mais ce sont toutes les accusations de certains anges contre l’homme dans ce monde, ils s’exclament (Ps. 8,5) « qu’est-ce que l'homme, pour que Tu te souviennes de lui ? » Ils estiment qu’il ne nous sied pas d’extérioriser dans la joie des chants, du fait de notre implication dans la matérialité de ce monde, avec tous nos instincts qui viennent de la tristesse, etc. Alors ils se renforcent contre l’homme. Ces anges ne savent pas que précisément de l’essence des chants, des louanges cela procure des satisfactions à Hachem. Lorsque s’élève depuis ce monde de l’action, remplit de tristesse, d’affliction et de gémissements, quand par la force des Justes, ils intensifient et ils transforment toutes ces plaintes précisément en joie et allégresse.

C’est pourquoi Yaakov lui répond qu’il ne le renverra pas… Toi, tu veux t’élever vers les sphères supérieures, et dire là-bas des chants relatifs à la joie. Mais dans ce monde-ci, tu veux imposer aux gens la tristesse ! Quand tu vois monter l’aube, et ils vont se réjouir dans l’accomplissement des commandements, tu veux t’enfuir d’eux. Je ne peux pas l’accepter, malgré toi je te retiendrai et je ne te laisserai pas partir tant que tu ne me béniras pas (ibid.). Parce que cela correspond à la joie. Parce que toutes les bénédictions (Michlei 10,22) « la bénédiction de Hachem enrichit, et à elle n’ajoute pas de tristesse ». Je te retiendrai contre ta volonté pour te transformer en joie, selon le principe de la bénédiction qui elle-même te réjouira. Selon (Yeshiyaou 51,11) « l’allégresse et la joie s’approcheront, la douleur et les gémissements s’enfuiront ». Ce qui se rapporte à (Michlei 16,7) « lorsque Hachem approuve les voies d’un homme, Il rend même ses ennemis paisibles à son égard ». Comme le dit le Prophète (Yeshiyaou 66,20) « ils ramèneront tous leurs frères d’entre toutes les nations, en offrande vers Hachem ». C’est-à-dire lorsque les idolâtres eux-mêmes changeront et réjouiront Israël. Et avec la force de cette joie, on attire également maintenant, pour transformer la tristesse et le chagrin en joie. C’est la bénédiction, cette notion « je ne te laisserai pas partir tant que tu ne me béniras pas ». Il est expliqué (Zohar II,45) qu’il lui a dit que maintenant il lui est impossible de dire un chant tant qu’Israël auparavant ne le dira pas. Comme il est écrit (Yov 38,7) « lorsque les astres du matin chantèrent ensemble, tous les fils de l’Éternel poussèrent des cris de joie !» C’est-à-dire qu’il lui a dit que maintenant commence ma propre sainteté. Il s’agit de la sainteté d’Israël qui vient de moi. Dorénavant, vous n’êtes plus autorisés à exprimer un chant, tant que mes enfants n’auront pas au préalable commencé à chanter.

Source : Elhanan Lepek