Parachat 'Hayei Sarah
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Âmes éloignées

Paracha Vayeshev

Le sujet de la discorde entre les tenants de l’obédience de Chamay ou de Hillel (Shabat 21:) se rapporte à l’engagement en vue de rapprocher des Nefashot / âmes extrêmement éloignées. Ce sont celles qu’il ne conviendrait pas de rapprocher selon les critères stricts du jugement. Les tenants de Chamay invoquent le principe : « on progresse et on restreint ». C’est-à-dire que l’on diminue la lumière pour éviter qu’ils se rapprochent. Alors que les tenants de Hillel prétendent : « on augmente au fur et à mesure de la progression ». C’est-à-dire la nécessité de développer des outils basés sur le minimum, de sorte qu’ils puissent éclairer également pour ceux-là de la lumière de Hachem, pour qu’eux aussi puissent se rapprocher. L’objet de cette dispute revient dans chaque génération. Elle concerne les grands Justes qui sont occupés à rapprocher

des Nefashot éloignées de Hachem. Mais nous voyons de nombreux grands Justes s’opposer à eux, en raison de l’attribut de rigueur dans le jugement qui s’empare d’eux. À cause de cela pénètre dans leur cœur de l'animosité. Jusqu’à en arriver à considérer que ceux-ci ne se conduisent pas comme il convient. Et par conséquent, ils s’opposent à eux, comme cela se retrouve dans la plupart des générations. Mais plus particulièrement dans nos époques qui se rapprochent des « talons du Mashiah ». On constate malheureusement une multiplication d’accusateurs même parmi les étudiants-savants.

Cette notion de discorde s’est trouvée parmi les Tribus qui se sont opposées au Juste Yossef. Il correspond au Juste attaché et occupé à rapprocher chacun vers Hachem. Il augmente et ajoute de la lumière chaque jour. Constamment, il est occupé à préparer des contractions et des ustensiles exceptionnels de sorte à favoriser le rapprochement de tous ceux qui dans le monde en manifestent le désir. Raison pour laquelle il s’appelle ‘Yossef’, qui signifie ajouter et progresser. Par contre, les Tribus, bien qu’il s’agisse de saints personnages, parce qu’ils sont tous de grands Justes, ils se sont opposés à lui, du fait de leur différence de conceptions. Nos Sages ZL ont expliqué (Berechit Rabah 4, mot à mot) que Yossef était occupé à convertir des convertis. Le texte (Berechit 37,1) nous dit « voici la descendance de Yaakov, Yossef », pour nous apprendre que Yossef a continué à suivre le chemin de son père Yaakov. 

Il était lui aussi occupé à « convertir des convertis ». Il rapprochait les Nefashot éloignées. Et tout ce qui s’est passé avec Yaakov s’est également passé avec Yossef. C’est l’explication concernant ce verset « voici la descendance de Yaakov, Yossef », et comme Rachi l’explique là-bas. Pour nous apprendre que tout ce que Yaakov avait reçu comme enseignement chez Chem et Ever, il a transmis cette sagesse à Yossef. Et tout ce qui est arrivé à l’un est aussi arrivé à l’autre. Grâce à son extraordinaire intelligence, il formulait de telles contractions qu’il parvenait à soigner les plus grands malades. De même pour Yossef, il consacrait toute son occupation à cela. Car l’essentiel de la sagesse transmise par Yaakov à Yossef consiste à faire pénétrer dans le monde des compréhensions au sujet de l’Éternel (Ps. 145,12) « pour faire connaître aux enfants de l’homme sa Puissance et la majesté glorieuse de son Règne ! »

C’est l’enseignement (Berechit 37,2) « Yossef, âgé de dix-sept ans, menait paître les brebis avec ses frères ». Le Berger du troupeau fait référence au dirigeant de la génération, il est toujours désigné ainsi. Et « âgé de dix-sept ans », ce chiffre en Guematria donne le mot « bon », comme cela est connu. C’est-à-dire que Yossef était bon pour tout, il était entièrement bon. Grâce à cela, il parvenait à rapprocher chacun, il trouvait parmi les pires de bons aspects, et ainsi il les ramenait vers Hachem. C’est (ibid. suite) « adolescent, il était avec les fils de Bilhah et ceux de Zilpah ». Ceux qui sont considérés comme les enfants des servantes, correspondant aux familles de rangs inférieurs, qui existent parmi Israël. Il s’abaissait lui-même plus particulièrement vers eux pour les rapprocher. Dans ces noms se retrouve une allusion à « l’autre penchant » et ses acolytes. Selon l’expression, dans le texte original (Yehezkiel 28,19) « devenu un effroi » qui fait référence au nom de Bilhah. Rachi utilise là-bas le mot ‘mauvais esprit’, dans l’idée des troupes du mauvais instinct. Parce qu’elles sont effrayantes, elles perturbent et elles induisent l’homme dans l’erreur. Et le principe des enfants de Zilpah, ce nom se réfère à (Ps. 119,53) « un feu ardent me saisit ». Ce sont tous ceux qui suivent ces notions mentionnées en référence à Bilhah et Zilpah. Mais le grand Juste, correspondant à Yossef, s’occupe d’eux. Il s’abaisse lui-même vers eux pour les rapprocher vers Hachem.

À propos de ce verset (Berechit 37,2) « il passait son adolescence avec les enfants de Bilhah et de Zilpah », Rachi nous explique : il agissait de manière enfantine, etc, il fréquentait habituellement ces enfants, que ses frères tenaient en mépris. En tant que Juste véritable, en raison de son extrême intelligence, il parvenait à se mettre à leur niveau. À tel point qu’il pourrait nous sembler qu’il participait à des jeux puérils d’enfants. Il entretenait avec eux des conversations profanes. Il mangeait et buvait avec eux, et même parfois il se promenait et jouait avec eux. Pourtant toute sa profonde intention avait pour but de les rapprocher ainsi vers Hachem. Ainsi, tous ces abaissements du Juste vers ce monde sont considérés pour lui comme des actions d’adolescents. Bien qu’il recherche ainsi uniquement à satisfaire Hachem, pour ramener vers Lui ceux qui sont tellement éloignés.

 Il s’avère impossible d’atteindre son objectif en agissant autrement. C’est tout le sens profond de ce verset mentionné. Il porte précisément sur le nom de Yossef, dans le sens du verset (Berechit 30,23) « l’Éternel a effacé ma honte ». En effet, Yossef rassemble et annule toutes les hontes et les opprobres contre Israël. Il nous amène au repentir pour que nous soyons plus proches de Hachem. Ce qui correspond (ibid. 30,24) « elle l’appela Yossef, en disant : que Hachem me donne un autre fils !» D’après cette expression, il a été nommé « Yossef ». Pour nous enseigner que le Juste s’occupe constamment à ajouter et à ramener encore de nouvelles Nefashot. Pour cela il adresse toujours ses prières à Hachem. C’est toute la demande, que Hachem lui ajoute à chaque fois encore d’autres nouveaux élèves, qui sont aussi appelés des ‘fils’. Parce que (Sanhedrin 99:) chacun qui enseigne au fils de son prochain la Torah, c’est comme s’il l’avait enfanté. C’est ce qui est demandé et recherché ‘encore un autre fils’.

Raison pour laquelle (Berechit 37,3) « Israël aimait Yossef plus que ses autres enfants ». Car au moyen de ses agissements, il aspire à attirer de la mansuétude pour tout le monde en les conduisant vers Hachem. Et (suite) « car il était le fils de sa vieillesse ». La vieillesse correspond à la miséricorde, selon l’expression (Rachi, Chemot 20,2) l’Ancien plein de miséricorde. C’est-à-dire qu’il a reçu de son père les Treize Attributs de miséricorde. Grâce à cela il est rempli de compassion pour tout un chacun. Cela correspond à la traduction de ce verset par Onkelos « il possède l’intelligence ». Elle s’avère en effet très nécessaire, dans toute sa profondeur, pour établir et mettre en place les moyens et les outils indispensables. Ceux avec lesquels il est donné de ramener de telles Nefashot éloignées, de tels malades. Pour faire pénétrer en eux des compréhensions relatives à l’Éternel.

Pour cela (Berechit 37,3) « aussi, il lui fit une tunique diversement colorée ». Ce sont toutes les différentes sortes d’ustensiles. Parce que Yaakov a constaté que Yossef pouvait les utiliser en vue de rapprocher les Nefashot éloignées. Raison pour laquelle il lui a confectionné des vêtements exceptionnels, dans lesquels se retrouvent toutes sortes de rayonnements. Ce qui correspond à des contractions étonnantes. Elles se rapportent aux ustensiles ou aux vêtements qui permettent d’attirer des compréhensions concernant l’Éternel même vers ceux qui se trouvent particulièrement élevés. Cette notion des contractions fait référence à ces compréhensions inférieures. Elles incluent toutes les différentes sortes de rayonnements. C’est l’ensemble des ustensiles et des vêtements dans la sainteté grâce auxquels on parvient à des intelligibilités au sujet de l’Éternel. Et c’est le rêve de Yossef (ibid. 37,7) « et voilà, nous étions à lier des gerbes au milieu des champs ». Dont l’explication signifie à attacher, ce que sont les contractions mentionnées. C’est-à-dire que tous les frères étaient occupés à cela, de sorte à attirer par ce moyen des compréhensions concernant l’Éternel. 

Mais, les contractions de Yossef, le Juste, s’élevaient au-dessus de toutes les autres. Selon le verset (là-bas) « et voilà que ma gerbe se leva, se tint debout ». C’est le lien et sa compréhension qui s’élèvent et qui s’imposent pour toujours. D’où la suite du verset « et voilà, vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant ma gerbe », car vous tous devez recevoir de Yossef des compréhensions concernant la Divinité, grâce à ses extraordinaires interprétations provenant de sa très profonde intelligence. Parce qu’il s’occupe constamment à rapprocher des Nefashot éloignées. Grâce à cela il mérite qu’également de grands Justes, même s’ils s’occupent de cela, doivent recevoir de lui. Parce qu’il s’élève au-dessus d’eux. Ce qui correspond (Michlei 31,29) «de nombreuses filles agissent avec vertu, mais toi tu les surpasses toutes ». Cela se réfère au véritable Juste qui est plus particulièrement occupé à former des ustensiles et des vêtements en vue d’attirer, avec une efficace intelligence, vers la Torah. Jusqu’à parvenir à attirer tout le monde vers Hachem. Cela correspond aux louanges de la femme vertueuse mentionnées. Selon le principe (ibid. 13) « elle recherche la laine et le lin », le principe des ustensiles et des vêtements pour atteindre des compréhensions relatives à l’Éternel.

Source : Elhanan Lepek