Parachat 'Hayei Sarah
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L’élan d’un don venant du cœur

Paracha Emor

L’essentiel du service relatif aux sacrifices est destiné à dévoiler la Volonté qui régnait dans le Sanctuaire. Ils exprimaient l’élan d’un don venant du cœur. Ce qui se rapporte à la Volonté. Pour cela, il est mentionné à propos de tous les sacrifices (Vayikra 19,5) « sacrifiez-les de manière à être agréés ». Car grâce au sacrifice s’opère une élévation depuis l’animalité vers l’humain. C’est-à-dire une clarification et une sublimation du principe même de l’homme. Parce que l’essentiel qui le caractérise se rapporte au Nefesh / âme de l’homme, le principe de l’éclairage de la Volonté. Raison pour laquelle toute l’action concernant les sacrifices est reliée à l’expression de ‘service’. En vérité, il s’agit de l’essence du Service, d’élever le principe de la servitude vers le principe de l’action, du principe de l’animalité vers celui de la Volonté. Tout ce qui se réfère à la Nechamah / niveau supérieur de l’âme d’Israël, ceux qui sont désignés comme ‘homme’.

À ce propos, nous disons dans la Tefilah / prière : ‘Retse’ sur le service des sacrifices, pour qu’ils soient acceptés volontairement. Comme il est écrit : ‘que le service soit toujours agréé selon Sa Volonté’. Parce que l’essentiel de notre espérance consiste à ce que les sacrifices s’incluent dans la Volonté supérieure. C’est-à-dire la fusion

entre l’action et la Volonté. Et l’essentiel du service des sacrifices doit être effectué par des Cohanim / prêtres, accompagnés par des chants des Leviim et avec la présence des membres d’Israël. Parce que le Cohen correspond au principe de la miséricorde. Celle-ci se dévoile grâce à la crainte émanant de la Volonté. Cette miséricorde favorise l’annulation de tous les trente-neuf travaux provenant du venin du serpent, lorsqu’alors ils ont fauté contre la Volonté.

C’est pourquoi la présence de représentants du groupe d’Israël était indispensable. Ils devaient être occupés dans l’étude de la Torah. Ce qui correspond au dévoilement de la Volonté. Parce que la Torah tout entière forme une expression de Sa Volonté. Aussi, l’essentiel du dévoilement de la Volonté se manifeste grâce à l’occupation dans la Torah. Car là se revêt Sa Volonté. Donc, ils étaient concentrés sur ‘l’action du Commencement’ qui dévoile plus particulièrement que tout découle de Sa Volonté. C’est Lui qui crée tout depuis le commencement jusqu’à la fin. Par conséquent, il est évident que tout ressort de Sa Volonté.

Grâce à ce dévoilement de la Volonté se développe la crainte. Elle est représentée par le groupe des Leviim (Zohar Pinhas 225.) « sur l’estrade ». Car la crainte ressort du domaine des Leviim. Grâce à elle, la miséricorde, qui relève du domaine des Cohanim, est attirée. Grâce à cette miséricorde se réalise (Yeshayaou 61,5-6) « des gens du dehors seront là pour faire paître vos troupeaux, etc. Et vous, vous serez appelés des prêtres de Hachem », précisément des ‘prêtres’ de Hachem. Ce qui correspond au monde construit selon la miséricorde (Ps. 89,3) « la bonté sera d’une durée éternelle ». Alors s’annuleront tous les trente-neuf travaux qui sont relatifs au monde de l’action. De là découle l’essentiel du service des Cohanim. Parce que l’essentiel de l’action du travail consiste à purifier le monde de l’action. Pour que soit incluse l’action dans la Volonté (Pri Ets Haim, Tefilah 4). Cela s’opère grâce au Cohen, l’homme de miséricorde. Il annule le venin des trente-neuf travaux, tout ce qui se rapporte à l’action. Alors, celle-ci s’inclut dans la Volonté. Ce qui représente l’essentiel du principe des sacrifices.

Raison pour laquelle, lorsqu’une personne commet une transgression, elle doit amener un sacrifice. Parce que toutes les fautes découlent de l’influence du venin du serpent. Il est toute la vigueur de l’action, le principe des trente-neuf travaux, de la tristesse. Comme il est écrit (Berechit 3,17) « dans la tristesse tu t’en nourriras ». Toutes les transgressions découlent de là. C’est pourquoi, grâce au sacrifice, qui est effectué par le Cohen dans le Sanctuaire, s’annule ce principe de trente-neuf travaux, et disparaît du monde de l’action le venin du serpent. Alors, l’action peut s’inclure dans la Volonté. Ainsi s’annulent et se transforment toutes ces transgressions venant de là-bas. Et celles-ci, en se métamorphosant, elles deviennent des mérites ! Parce qu’elles s’incluent dorénavant dans le principe de la Volonté. Ce qui correspond à (Yeshayaou 40,2) « son iniquité est pardonnée ».

Durant les fêtes de pèlerinages, qui sont essentiellement le dévoilement de la Volonté, alors on multiplie les sacrifices publics et privés. Chacun étant obligé d’en amener en fonction de la générosité de son cœur. Car c’était alors un moment propice au dévoilement de la Volonté. Raison pour laquelle il convient de multiplier les sacrifices. Car l’essentiel de la satisfaction ressentie durant ces jours est procuré grâce à eux. Comme il est écrit (Devarim 14,23) « et tu la consommeras en présence de Hachem, Ton Éternel, dans la localité qu’il aura choisie comme résidence de Son Nom ; à savoir, la dîme de, etc ». Car les sacrifices doivent purifier essentiellement le monde de l’action. C’est tout l’éclairage de la Volonté, lorsqu’on la mérite vraiment dans ce monde-ci de l’action. Alors, lorsque s’unifie l’action dans la Volonté, grâce à cela on s’élève et on s’inclut dans le Sans Fin, dans le niveau du secret des secrets. En effet, il s’avère impossible de s’inclure là-bas, mais seulement à la condition de clarifier et de purifier le principe de l’action, et d’inclure l’action dans la Volonté. D’où tout le sens de la venue de l’homme dans ce monde.

Il s’ensuit que tous les sacrifices correspondent à l’éclairage de la Volonté. C’est-à-dire orienter toutes les actions vers la Volonté. Au commencement, tout ce service revenait à Esaw, en tant qu’aîné. S’il avait mérité de se conduire comme il convenait, il aurait mérité d’être attaché au service des sacrifices. À l’évidence, il possédait parfaitement du libre arbitre pour choisir le bien. Même après avoir dévié du droit chemin, il a refusé d’être occupé avec ce service. Si au moins il avait aimé son frère Yaakov, il aurait pu le soutenir en lui procurant ses besoins nécessaires. Cela aurait été considéré également comme s’il s’était adonné aux sacrifices. Comme cela était une obligation pour les aînés. Car celui qui apporte son aide à des étudiants savants, cela lui est compté comme s’il avait amené tous les sacrifices. Parce qu’amener sa subsistance à de véritables grands Justes se révèle comme plus important que d’amener des sacrifices. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Ketouvot 105:) ‘chacun qui amène un présent à un étudiant savant, c’est comme s’il avait amené les Prémices’. Il est également écrit (Berahot 10:) ‘tous ceux qui reçoivent un étudiant savant chez lui, c’est comme s’il apportait le sacrifice de Tamid’. Parce que grâce à la Tsedakah / charité donnée à un étudiant, il le soutient. Et grâce à cela s’inclut l’action dans la Volonté. Et cela correspond effectivement au principe du sacrifice.

Mais Esaw n’a pas du tout désiré cela. Au contraire, il a poursuivi Yaakov. Car il ne désirait pas la bénédiction, il ne voulait pas du tout se rapprocher vers Hachem ou vers des Justes. Il voulait uniquement assouvir ses envies, ses instincts, ses mauvaises inclinations dans son cœur. Raison pour laquelle il a vendu son droit d’aînesse pour jouir immédiatement de la nourriture. Comme il est écrit (Berechit 25, 20-30) « Esaw revenait des champs. Il dit à Yaakov : « Laisse-moi avaler, je t’en prie, de ce rouge, de ce mets rouge, car je suis fatigué. » C’est à ce propos qu’on le nomma Édom ». Ces faits se sont déroulés précisément au moment où il revenait des champs, et il était fatigué. C’est-à-dire qu’il était épuisé à cause de sa poursuite de ses actions dans ce monde matériel. Il n’a pas du tout voulu s’attirer vers la Volonté dans la sainteté, mais exactement le contraire. (ibid.) 'il est fatigué des meurtres et de ses autres transgressions'. De toute la malédiction qu’il a attirée sur lui-même. (ibid. 3,17) « c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras ». Ce qui se rapporte au venin renfermé dans les trente-neuf travaux. D’eux découlent toutes les possibilités des transgressions. Elles sont le venin du serpent.

Alors, Esaw a dit à Yaakov (ibid. 25,30) « laisse-moi avaler, je te prie, de ce rouge ». Ainsi il a démontré sa véritable grande méchanceté. En effet, il ne lui a pas suffi de ne pas soutenir l’étudiant savant, correspondant à Yaakov, mais il veut que le Juste s’affaire pour lui, qu’il lui donne à manger, pour remplir son ventre. Raison pour laquelle Yaakov a appliqué (Ps. 18,27) « sincère avec les cœurs purs, mais artificieux avec les pervers ! ». Il a répondu à Esaw (Berechit 25,31) « vends-moi d’abord ton droit d’aînesse ». Du fait qu’il ne désirait accomplir aucun service. Et il ne veut pas s’attirer lui-même vers la Volonté dans la sainteté ni soutenir des étudiants savants. Tout ce qui se rapporte au service des sacrifices dépendant des aînés. Il était donc normal qu’il vende son droit d’aînesse, parce qu’il n’avait plus aucun lien avec la sainteté. Alors, de bon cœur, il lui a vendu ce privilège, qu’il a dédaigné. Comme il est écrit (ibid. 32) « à quoi me sert donc le droit d’aînesse ? » Parce que le droit d’aînesse se rapporte à la Volonté, à l’ensemble de la réalisation selon la Volonté qui est attirée depuis la Volonté supérieure, et tout ce qui est relatif aux sacrifices. 

Tout ce que Esaw rejette, tant il aspire seulement à assouvir ses instincts et satisfaire ses pulsions dans ce monde. Raison pour laquelle notre Père Yaakov a pris le droit d’aînesse, selon toutes les règles admises. Il lui a donné en contrepartie de quoi satisfaire sa faim matérielle du présent. Tout ce que représente (ibid. 30) « laisse-moi avaler, je t’en prie, de ce rouge ». Ce qui se rapporte à toute la rigueur du jugement dans les actions matérielles. Ce sont tous les déchets de la nourriture, les déchets de l’action. Ce qui représente l’emprise de l’autre tendance. Ainsi, chacun est resté avec sa part qu’il s’est choisie.

Rachi (Berechit 26,36) explique qu’au début Yitshak s’est demandé, peut-être qu’il n’a pas agi selon le jugement, quand il s’est rendu compte qu’il avait béni en premier Yaakov ! Mais, lorsqu’il a appris que Esaw avait vendu son droit d’aînesse. Alors Yitshak a saisi, son erreur venait de ce qu’il pensait que Esaw, bien qu’il soit un mécréant, il aimait les étudiants savants. Et il était disposé à leur venir en aide. Pour cela, il fallait le bénir en vue de son revenu. Mais, quand Yitshak a entendu parler de la vente par Esaw de son droit d’aînesse, alors il a saisi à quel point celui-ci dédaignait ce principe. Combien il n’avait aucune intention d’aider celui qui s’adonne à l’étude, ce qui correspond à l’aîné, au sacrifice. Il a vendu son droit à Yaakov pour satisfaire ses envies matérielles. Alors, il était évident que tout ce qui se rapporte au droit d’aînesse revenait seulement à Yaakov. De là découle l’abondance provenant de la racine de la Volonté. Donc, assurément, c’est bien à Yaakov que revient la bénédiction.

Chabat Chalom
Source : Elhanan Lepek