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Briser tous les empêchements

Paracha Berechit


L’homme doit beaucoup se renforcer et surmonter pour briser tous les empêchements présents dans le monde ! Jusqu’à mériter de concrétiser ce qui se trouve encore en puissance et l’amener vers l’effectif. Cela plus particulièrement pour toutes les notions se rapportant à la sainteté. D’où la nécessité de se rapprocher vers des personnes attachées à la vérité. Toute sa sainteté et toute son existence dépendent de cela. Et attacher le potentiel vers le concret, cela correspond à attacher les voyelles avec les consonnes. Cela est rendu possible grâce aux désirs et aux attentes en vue d’atteindre de saintes notions. 

Comme il est écrit (Cant. 1,11) « nous te ferons des colliers d’or, entremêlés de points d’argent ». Car l’essentiel de l’attirance se réveille au moyen des empêchements se présentant face à lui. D’autant plus l’objet du désir s’avère substantiel, alors le désir lui-même doit se manifester encore

plus intensément. C’est-à-dire, les empêchements existent pour le désir. Devant l’importance des empêchements, il est exigé encore un plus grand renforcement du désir. S’il veut vraiment et il se renforce encore plus dans son désir, face aux rigueurs des empêchements, assurément il brisera les empêchements. Ceux-ci se présentent devant lui seulement pour donner plus de consistance au désir. Ainsi, grâce à celui-ci, et aux attentes suscitées, s’attirent les voyelles. Alors se finalisent des intentions en des éléments concrets.

Comme nous avons neuf différentes voyelles, de même existent neuf firmaments. Car il existe de très nombreuses variations relatives aux désirs. Certains se situent au-dessus de ce qui est désiré. Au point où certains désirs correspondent à la voyelle Kamats. C’est le principe de Kamits / fermé et obstrué. Là-bas, les empêchements sont plus particulièrement répandus. De là il est possible de saisir et de comprendre la qualité de ce qui est désiré. S’il se renforce, avec un très fort désir, en fonction de l’élévation de ce qui est désiré, alors certainement il brisera les obstacles. Et il atteindra ce qu’il désire. Il s’ensuit cette règle : tout ce que l’homme désire véritablement, il est certain qu’il peut l’obtenir et ainsi transformer le potentiel en effectif.

Cela se rapporte à tout le travail à accomplir par l’homme dans ce monde. Il a été créé essentiellement en vue de briser les empêchements, pour surmonter les obstacles. Là réside toute l’élévation de l’homme. Il se situe même au-dessus des séraphins. Tous les mondes dépendent de lui. Toute la spécificité de la grande importance de l’homme découle précisément de sa situation dans ce monde matériel de l’action. Il s’agit d’un monde rempli d’imposants empêchements. Ils dissuadent de se rapprocher vers Hachem, béni soit-Il. Pourtant, l’homme a été créé précisément dans le but de briser et d’annuler tous les empêchements. Ils se présentent sous l’aspect d’incitations, de tentations ou des envies de ce monde. Elles élèvent toutes sortes d’obstacles empêchant le rapprochement vers Hachem, béni soit-Il. L’homme doit les vaincre et le briser grâce à la très grande force résidant dans la vérité. Là réside toute la supériorité de sa propre valeur.

En soi-même, il s’agit de ce principe de transformer ce qui se trouve en puissance et parvenir à le concrétiser. Là réside toute la tâche de l’homme. Car Hachem a fait en sorte que dans toute la Création il se trouve des manques, et l’homme doit les compléter. Comme il est écrit (Berechit 2,3) « toute l’œuvre que l’Éternel avait faite ». C’est-à-dire, l’action de l’homme en vue de parachever la Création. Et comme l’ont dit nos Sages ZL (Berechit Rabah 11,6) ‘tout nécessite une réparation pour parvenir à la plénitude grâce à l’homme’. Ainsi, le blé doit être moulu, etc. L’homme doit s’évertuer pour faire sortir ce qui se trouve encore à l’état potentiel et l’amener vers sa concrétisation. Aussi bien des notions spirituelles ou des objets matériels. Bien que Hachem, béni soit-Il, a tout créé durant ces six jours, et Il a tout amené depuis le potentiel vers la réalisation. 

Malgré tout, la plénitude de toute chose reste encore à un stade potentiel, jusqu’à ce que précisément l’homme l’amène au niveau d’être entier, complet. Par exemple, l’homme doit être occupé à labourer et à ensemencer, jusqu’à ce que la récolte sorte de son état potentiel et atteigne celui de tangible. 

Alors, il faut encore moissonner, puis moudre, etc. Jusqu’à finir par devenir de la pâte puis du pain. De même pour la cuisson de tous les aliments. Et comme il en va pour ces processus matériels, il en va de même pour des notions spirituelles. Car il ne se trouve à priori rien de complet et de parfait. Rien, dans son essence, n’atteint le statut d’entier jusqu’à la venue de l’homme avec sa prière et son service pour Hachem, béni soit-Il. Précisément ainsi se parfait la chose spirituellement. Là réside toute la tâche de l’homme, aussi bien matériellement ou spirituellement. Ainsi, toutes les semences étaient déjà créées. Malgré tout, jusqu’à la venue de l’homme qui allait prier pour elles, rien n’est sorti de la terre. Comme nous l’explique Rachi sur le verset (Berechit 2,5) « or, aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore; car l’Éternel n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour cultiver la terre ». C’est-à-dire que depuis le troisième jour ‘ils sont restés enfouis sous la terre jusqu’au sixième jour’ (Houlin 60 :). Tout était sur le point d’éclore jusqu’à la venue de l’homme et de ses prières pour la pluie.

Par conséquent, il revient à l’homme de s’engager pour transformer tout le potentiel en réalisation concrète. Il lui revient de compléter toute la Création. Cela est possible seulement au moyen du principe des points, des voyelles, obtenus grâce au désir et aux attentes consécutives précisément face aux empêchements. Il s’ensuit cette nécessité absolue de toutes les sortes de nombreux empêchements à surmonter durant tous les jours de notre existence. Ils sont nécessaires et ils permettent de renforcer encore plus les aspirations, pour permettre d’attirer les voyelles vers les consonnes. Cela permet de passer du stade potentiel vers celui de l’effectif.

Ainsi, l’essentiel de la force du désir, et des attentes dans la sainteté sont attirées à partir du principe des bonnes odeurs à leur racine. Elles se rapportent à l’existence de la Nechamah / âme. Comme l’ont demandé nos Sages ZL (Berahot 43:) ‘de quoi la Nechamah tire-t-elle plaisir ? Du parfum !’ Car le renforcement de désir au moment des empêchements est possible grâce au principe de l’odeur. En vérité, l’essentiel de tous les empêchements découle de ceux venant à partir de l’esprit. Parce que son esprit est perturbé, il est investi dans différentes difficultés ou des contradictions à propos de la justesse de la vérité, ou concernant d’autres principes relatifs aux saintetés à réaliser. 

Au point où il ne sait plus l’extrême élévation et sanctification qu’il peut mériter et obtenir, tout l’extraordinaire bien. Assurément, si l’homme pouvait voir de ses propres yeux toute sa richesse et sa réussite présente et à venir pour l’éternité grâce à de la charité dispensée. Sans aucun doute, chacun donnerait beaucoup de Tsedakah / charité de ses deux mains. Car combien d’importants et exigeants efforts l’homme consacre, combien d’argent il investit, dans l’espoir d’obtenir, peut-être, quelques gains et bénéfices. Donc, à bien plus forte raison, s’il pouvait constater visuellement tout le profit retiré grâce à la Tsedakah, avec enthousiasme il donnerait pour celle-ci. De même pour l’accomplissement de tous les commandements. 

Également pour se rapprocher vers de vrais Justes, ou leurs disciples. Ce sont ceux à même de le rapprocher vers Hachem, béni soit-Il. Ce qui s’élève au-dessus de tout. De cela dépend toute la sainteté de son judaïsme. S’il lui était donné de constater le plaisir et la satisfaction à retirer pour toujours, sans aucun doute, il laisserait tout de côté et il courrait de toutes ses forces après eux. Aucun empêchement ni aucun désir ne serait pris en considération. Donc, l’essentiel des empêchements découle de ceux présents dans son esprit. C’est-à-dire l’impossibilité d’appréhender dès le début la fonction des obstacles à surmonter. En effet, au début, il ne nous est pas donné d’appréhender tout cela. Alors, au moment d’accomplir un commandement, ou de se rapprocher vers des personnes de vérité, il s’avère très difficile de saisir la profondeur de leurs qualités. De là la source de la force des empêchements. Ils se déploient contre lui en se présentant comme des obstacles difficilement franchissables. D’où la nécessité de se renforcer, avec de très forts désirs, précisément contre ces difficultés et les briser.

Mais, si les empêchements voilent la qualité de sujets dans la sainteté, d’où viendra la force pour les briser ? Aussi, l’essentiel de la force nécessaire pour parvenir à les briser vient de Ses Miséricordes, béni soit-Il. En effet, Hachem, béni soit-Il, projette un éclairage depuis le lointain vers la conscience de tout un chacun. Ce sont de distants étincellements de vérité. Selon le principe (Yermihaou 31,2) « de loin Hachem m’est apparu ». Cela se rapporte à toutes les allusions atteignant chaque individu, tous les jours, lorsqu’on se rapproche et l’on réfléchit comme il convient sur sa situation. Aussi, celui qui désire vraiment la vie, et il ne veut pas se tromper lui-même, il observe en direction de la vérité, il peut voir de loin cette véritable vérité. Celle-ci témoigne pour elle-même. Grâce à cela le désir peut effectivement beaucoup se renforcer en fonction des empêchements. Jusqu’à réussir à les briser tous et à se rapprocher vers la vérité.

Et cette notion d’apercevoir au loin la vérité possède le pouvoir de renforcer fortement le désir et de briser les obstacles. Cela correspond à la bonne odeur. Car pour l’instant, il ne voit pas effectivement la vérité. Autrement, il n’aurait pas du tout été confronté à des empêchements. Donc obligatoirement, l’homme se trouve confronté à des obstacles. Seulement, il peut apercevoir et ressentir dans le lointain des étincellements correspondant aux odeurs agréables lui parvenant de la vérité. ‘Comme celui qui est enduit d’un parfum’ (Zohar Pikoudei 239). Et selon l’explication de Rachi sur le verset (Cant. 1,3) « tes parfums sont suaves à respirer ; une huile aromatique qui se répand, tel est ton nom. C’est pourquoi les jeunes filles sont éprises de toi ». Ce sont les distances parcourues par Yitro pour venir se convertir. Ce sont ceux qui viennent précisément de loin, ils reviennent vers Hachem, béni soit-Il, comme Yitro. Car l’essentiel du rapprochement de tous ceux qui sont éloignés, pour briser les importants obstacles présents devant eux, dépend de ce principe de l’odeur. C’est toute la miséricorde ressentie pour eux par Hachem, béni soit-Il. Il illumine pour eux des allusions. Elles étincellent, pour ceux qui la recherchent, la vérité dans le lointain. Ainsi se rapprochent les éloignés.

Chabat Chalom
Source : Elhanan Lepek