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Un manque ressenti

Paracha A'harei Mot

Tous les manques ressentis dans le monde découlent d’un manque dans l’esprit. Et l’essentiel de ce manque est relatif au manque de Emounah / croyance. Parce que celui qui possède une confiance absolue en Hachem, il sait que tout vient de Lui, tout est uniquement selon Sa Providence. Parce que (Ps. 75,8) « l’Éternel est Juge ; Il abaisse celui-ci et Il relève celui-là ». Il vit constamment une bonne existence. Parce qu’il a conscience que tout ce que le Saint, béni soit-Il, accomplit est assurément pour le bien. Car il s’agit d’un axiome que toutes Ses Intentions sont pour le bien. Donc, à l’évidence, celui qui ressent profondément ce concept, avec une Emouna parfaite, sa vie est positive, sans ressentir aucun manque.

Par contre tous les sceptiques, tous les chercheurs, vivent une existence de vanités. Ils recherchent au moyen de leur intellect à comprendre la constitution de la nature. Là où se situe le manque. Parce que ce monde est rempli de manque, d’emportement, de colère et de souffrance. Et aucun homme

ne parvient jamais à assouvir totalement ses envies ici-bas. Et pour finir (Kohelet 5,15) « quel avantage retire-t-il de s’être fatigué pour du vent ? » Car en définitive, également la plupart des intellectuels et des savants admettent ne pas avoir une connaissance complète et que l’on ne sait vraiment presque rien du tout. Cela fait des milliers d’années qu’ils étudient l’astronomie. Toutes sortes de théories ont été développées pour tenter d’expliquer, selon leurs conceptions, la Création du monde, son développement et son extension. Il se trouve que chaque nouvelle théorie vient, en quelque sorte, remplacer et annuler la précédente. Pourtant, celle-ci avait alors été acceptée avec enthousiasme. Il s’ensuit une forme d’ineptie pour celui qui investit toute sa réflexion dans ce genre d’investigation. Car, d’une façon ou d’une autre, l’une d’entre elles s’avère être fausse. Comment donc savoir où se trouve la vérité ? Il en va ainsi pour la plupart des différentes approches dites scientifiques.

Et s’il se trouve des aspects positifs dans quelques-unes de ces approches, fort souvent, d’un autre point de vue, il existe des conséquences négatives. Parce que dans ce monde-ci, il est extrêmement difficile de trouver un bien absolu. Par exemple, quels avantages retire-t-on à entendre une très belle mélodie ? Elle exige des efforts, mais finalement à cause de ces mélodies, la plupart aboutissent par être attirés vers différentes sortes de débauches. Elles perturbent les gens matériellement et spirituellement. Comme on peut le constater pour ceux qui vont, par exemple, écouter des concerts. Cela se passe en général dans une très grande promiscuité, sans aucune séparation ! En tous les cas, chacun reconnaît l’absence absolue de sainteté. Ils sont entraînés sur des voies contraires à une véritable existence. Ils s’éloignent de notre sainte Torah. 

Celle-ci nous engage (Vayikra 18,3) « et ne vous conformerez pas à leurs lois », et comme l’explique là-bas Rachi. Ils gaspillent leur temps pour des futilités, de sorte que (Michlei 14,13) « la joie elle-même finit en tristesse ». Ainsi effectivement, seulement ceux qui n’investissent pas du tout leur réflexion dans le superflu, ceux qui savent rester dans la simplicité, ils parviennent à vivre ce monde normalement. Ils savent apprécier les joies procurées lors de Shabat ou les jours de fête, etc. Et tous les moments de bonheur donnés par Hachem, une vie véritable, en plaçant notre confiance en Hachem et Son Serviteur Moshe, dans la Torah écrite et orale et tous les saints livres.

Par contre, ceux qui renient et rejettent toutes ces approches, comme on peut malheureusement le constater, ils ne connaissent pas de véritables joies comparables à celles ressenties par le plus simple parmi Israël à l’arrivée du Shabat, etc. Tous leurs jours sont remplis de colère et de soucis. Ils ressentent constamment des manques par rapport à leurs innombrables envies. Ils veulent que tout soit parfait pour eux. Et même celui qui se considère comme étant riche, il ressent toujours quelques manques par rapport à ce qu’il désire. Comme particulièrement en ce qui concerne son lieu de résidence, des biens dans sa maison. 

Nombreux sont ceux qui désirent que cela correspond exactement à leurs conceptions. À tel point qu’ils entreprennent des voyages au loin, ils passent tous leurs jours par ci ou par là, ils ne s’accordent aucun repos. Tellement ils recherchent toujours plus de luxe. Et lorsque pour finir ils sont chez eux, ils se retrouvent avec des dettes. Ils ressentent alors tous leurs soucis, avec toutes les conséquences pour leur santé, dans le meilleur des cas. Pour ne pas parler de tous ceux qui ont des attaques cardiaques ou cérébrales à cause de leur poursuite en vue d’augmenter ou pour accumuler encore plus de biens. Les pressions qu’ils ressentent pour assouvir leurs appétits, leurs passions, leur font perdre le sens de l’existence. Même parmi des gens intègres se retrouvent de telles situations. Ils doivent engager de très grands combats contre leur penchant, pour ne pas courir après leurs propensions, vers le superflu, l’inutile. Pour parvenir, autant que possible, à se suffire du strict nécessaire.

Parce que d’autant plus on recherche à combler ce qui apparaît comme des manques, pour tout ce qui concerne ce monde-ci, ainsi ses manques augmentent encore d’autant plus. Comme cela peut se constater à l’évidence. Car également pour ce qui paraît être comme absolument nécessaire, bien souvent ceci s’avère n’être qu’en apparence. Il faut beaucoup demander à Hachem pour ne pas tomber dans des poursuites illusoires, mais parvenir à se concentrer sur Son Service. Et alors, ne plus ressentir aucune sorte d’amertume dans son esprit, grâce à sa séparation de besoins, en définitive, inutiles. Et pour réussir à s’éloigner des toutes les illusions et tentations, sous toutes leurs formes, présentées ou suscitées par les nations. Car, à l’évidence, elles vont nous couper du monde à venir. Parce que (Michlei 2,19) « aucun de ceux qui vont chez elle ne revient, incapable de retrouver le chemin de la vie ». Car, en définitive, ce monde est rempli de soucis, de peine, de tristesse. On ne trouve pas de quoi s’apaiser. C’est le lot de tous ceux qui se trouvent éloignés de Hachem, de la sainteté de la Torah et de Ses Commandements, des réjouissances du Shabat et des jours de fête.

Même des gens très simples parmi Israël, s’ils recherchent à assouvir leurs envies au moyen du commerce, en étant à la poursuite de biens matériels, parce qu’ils n’ont pas encore brisé les envies de ce monde-ci. Malgré tout, lorsqu’ils ressentent encore un peu de Emounah / confiance, ils s’efforcent, autant que possible, de suivre les chemins de nos Pères, leurs conduites et leurs habitudes. Et ils transmettent ces traditions à leurs enfants. Ces personnes, bien qu’elles ressentent beaucoup de soucis, en raison de ce qu’elles estiment devoir être leurs besoins, parce qu’elles ne sont pas encore parvenues à se suffire du strict nécessaire. Malgré tout, elles éprouvent un peu la joie du Shabat ou des jours de fêtes, etc. Elles gardent l’espoir que Hachem leur procurera des bontés à l’avenir. Ainsi, elles pensent un tout petit peu à leur finalité. Elles se consolent en voyant leurs enfants étudier au Talmud Torah, et en les voyant suivre le droit chemin, selon la Torah, selon nos ancêtres.

À bien plus forte raison, lorsqu’il s’agit de personnes intègres, qui se suffisent absolument du strict nécessaire à leur existence. Et à encore bien plus forte raison, lorsqu’il s’agit de véritables Justes qui ont résolument tourné le dos à toutes les vanités de ce monde. Ils sont attachés, durant tous les jours de leur existence, à la source de la vie. Ils méritent l’essence de la vraie vie, une vie où il n’y a aucun manque.

Il s’ensuit la règle que tout ce monde est rempli de manques. Tout le monde est attaché constamment à tenter de combler ce manque. Et celui qui est engagé le plus efficacement à le combler, bien qu’il puisse lui sembler être déjà parvenu à assouvir ses envies dans ce monde, malgré tout en réalité, il ressent encore un plus grand manque au fond de lui. Comme il est écrit (Kohelet Rabah 1,32) « il n’existe pas d’homme qui meurt en ayant dans sa main la moitié de ses envies ». Lorsqu’il possède cent, il veut deux cents, etc. Parce que tout ce monde est la conséquence du début de la contraction, elle correspond à un manque. Raison pour laquelle il existe une telle constante prégnance des notions de peine, de colère, de soucis, etc. Parce que ce monde a été créé essentiellement pour permettre l’exercice du libre arbitre. Pour que l’homme soit éprouvé et puisse choisir librement. 

Aussi Hachem, dans Sa Bonté, nous fait au préalable savoir, par l’intermédiaire de vrais Justes, et Il permet aussi à celui qui se donne la peine de bien réfléchir, de constater que ce monde est rempli de peines. Pour que nous sachions, sans nous laisser nous tromper nous-mêmes, que les apparences de ce monde nous induisent en erreur. Aussi, celui qui veut effectivement vivre dans ce monde, il doit se suffire du strict minimum nécessaire. Et même ce peu, il doit l’être pour Le servir selon les indications de la Torah. Il s’agit de tout le sens de Sa Création. Et d’autant plus l’on parviendra à s’éloigner des envies de ce monde, dans cette même mesure son manque va diminuer. On s’inclut ainsi de plus en plus dans le principe de la plénitude. Ce qui constitue l’essentiel de la Emounah. Il s’agit de la source de la vie, d’une bonne existence, sans aucun manque ».

Chabat Chalom
Source: Elhanan Lepek