Droit de voisinage

Paracha Re'eh

Nos Sages ZL ont institué (Hochen Michpat 175) ‘un droit de voisinage’. C’est-à-dire jouir du droit de préemption en vue d’acquérir le champ de son voisin. Ainsi, il pourra unifier ses champs. Car l’essentiel de la réparation s’effectue lorsque ses différents champs sont réunis. Parce que les ‘champs inférieurs’ constituent une allusion pour les ‘champs supérieurs’. Là où se développent les saintes Nechamot / âmes. Il s’établit une similitude entre ces champs. Parce qu’également les ‘champs inférieurs’ sont destinés à permettre le développement des saintes Nechamot. Toutes les herbes,

toutes les plantes, tous les végétaux et tous les fruits rappellent tous des réincarnations de Nechamot (Chaar Haguilgoulim, Hakdamah 22). D’où la nécessité de rassembler et à d'unifier les champs. Pour faciliter la réparation des Nechamot, dont les végétaux dans les champs sont une allusion. De là l’institution du droit de préemption concernant l’acquisition des champs adjacents. 

Il peut ainsi agrandir, autant que possible, en éloignant un autre qui l’empêcherait de former un plus grand et étendu terrain. C’est-à-dire la notion d’inclusion, le principe de rassembler tout ensemble, de ce qui est entièrement bon. Ce qui se rapporte à ce fondement de la réparation du champ. Donc, l’essentiel de cette loi accordant un privilège au voisin doit favoriser l’unification des champs. Nos Sages ZL ont appris cette loi des champs mitoyens du verset (Devarim 6,18) « tu feras ce qui est droit et bon ». Car fondamentalement, la base de cette loi est en vue de prodiguer le bien, de sorte à tout inclure ensemble pour obtenir que tout soit pour le bien.

Raison pour laquelle nous jeûnons, chaque année, le jour anniversaire du décès de son père ou de sa mère. On allume la flamme d’une bougie et l’on récite le Kadich. Tout cela est réalisé par les fils pour la réparation et pour l’élévation de la Nechamah de leur père ou de leur mère. Durant la première année suivant le décès, on dit le Kadich durant toute l’année. En effet, l’essentiel de la réparation de chaque Nechamah correspond à la réparation du ‘champ’. Là-bas, comme expliqué, poussent les Nechamot. Raison pour laquelle essentiellement cette réparation s’effectue grâce au propriétaire du champ. Il est occupé à réparer le saint champ, à planter, à faire croître. Tout ce qui se rapporte à la réparation des Nechamot qui ‘poussent et grandissent’ là-bas. Ces opérations s’imposent d’année en année, comme on peut également le constater à propos des champs ici-bas. Ainsi, chaque année, poussent de nouveaux fruits après avoir labouré, ensemencé et récolté.

Nous avons les douze signes du zodiaque, les douze mois de l’année par rapport aux douze Tribus (Ets Haim 5,7). Toutes les Nechamot se trouvent incluses dans les douze Tribus. Il s’agit d’une référence aux frontières mitoyennes des champs supérieurs, ce que sont les douze différents rites de prières. Il existe douze ‘portes’ dans le firmament à travers lesquelles s’élèvent nos prières. Car la réparation obtenue grâce à celles-ci correspond à la réparation des Nechamot de ces champs mentionnés. Alors la réparation de toutes ces notions réside dans leur inclusion dans ce principe de tout est Un. En effet, ces douze frontières forment des diagonales à travers lesquelles passe l’existence à partir des points intérieurs en direction du point central. Il représente la source de la simple vie d’où tout émane. Et la réparation du monde, de ces douze frontières, doit s’inclure dans leur propre source attachée à cette unique et simple existence. 

Là où tout est bon, tout est Un. Là où n’existe absolument aucune emprise des rigueurs du jugement. Parce que l’essentiel de l’emprise de tous les jugements et de toutes les souffrances découle du principe des contractions. Elles dépendent des douze frontières. Parce que celles-ci se rapportent à cette notion des limites, à ce que sont les contractions. La source d’où vient l’emprise de toutes les condamnations et de tous les tourments. C’est pourquoi face aux douze frontières, constituées par les douze saintes Tribus, se trouvent les douze princes d’Ishmaël dans les ‘écorces’. Comme il est écrit (Berechit 17,20) « il engendra douze princes ». De même pour Nahor, il a également enfanté douze fils. Tout s’explique d’une chose par rapport et en face l’une de l’autre, en relation avec les douze Tribus. Comme l’explique Rachi ‘elle aussi a donné naissance au même nombre de familles qu’Avraham, soit douze’ sur le verset (ibid. 22,20) « Milka, elle aussi, a donné des enfants à Nahor ton frère ».

L’essentiel consiste donc à bien fermer, de façon hermétique, ses yeux sur les visions de ce monde-ci. Pour pouvoir ainsi s’inclure dans ce principe de tout est bon, tout est Un. Alors, grâce à cela s’annulent toutes les souffrances et tous les jugements. Ce qui revient à inclure toutes les douze frontières dans leurs limites originelles, ce principe de la simple existence, de tout est bien, tout est Un. Là où s’annulent toutes les séparations et toutes les limitations venant de l’emprise des rigueurs des jugements et de toutes les peines. Cela nous ramène au principe des douze mois de l’année, aux douze signes du zodiaque se déplaçant dans le firmament. Et tout revient vers le point central où il n’existe aucune forme, à la source d’entièrement bon et Un. Comme tous les astres tournent année après année, tous les jours du monde, autour d’un point central. Car la finalité du monde entier doit s’orienter en vue de s’inclure dans ce principe unificateur. Comme il est écrit (Kohelet 1,15) « le soleil se lève, le soleil se couche : il se hâte vers son point de départ, où il se lèvera encore ». Cela fait référence à l’entièrement bon et Un. Car Hachem, béni soit-Il, est ‘l’emplacement’ du monde. 

Tout se déplace et tourne autour de Lui, béni soit-Il. Comme il est écrit (Kohelet 1,6) « il tourne et retourne, et le vent repasse par les mêmes circuits ». Toutes ces circonvolutions, comme tous ces déplacements, sont destinées à tout ramener vers leur source originelle. Là où tout est Un. Parce qu’en définitive, tout aspire à revenir et à retourner là-bas. Raison pour laquelle, année après année, s’opère cette réparation mentionnée du champ. Comme les douze mois de l’année, ce que sont toutes les différentes périodes de l’année. Elles se retrouvent vers le point intérieur de leur commencement. Là où tout est Un et bon. Ce qui constitue la réparation du champ, celle des Nechamot, où poussent tous les végétaux. Parce que l’essentiel de leur réparation s’affirme lorsque tout finit par s’inclure dans l’Un. Et cette opération se répète d’année en année.

C’est (Devarim 14,22) « tu prélèveras la dîme du produit de tes semailles sortant de ton champ, année par année ». Car le fruit de la terre se reproduit à nouveau chaque année. Donc, précisément tous les ans, il convient de procéder à leur réparation. De sorte à l’inclure entièrement dans l’Unité. Raison pour laquelle nous devons donner la Troumah / offrande, le Maasser / dîme, Matanot Aniim / présents aux pauvres sur les récoltes de la terre. On accomplit ainsi l’ordre donné par la Torah de donner aux Cohanim, aux Leviim et aux pauvres. Grâce à cela on élève la récolte et on l’inclut dans son origine, là où tout est Un. Car la part remise aux Cohanim, c’est comme si c’était à Lui, béni soit-Il, que l’on donnait. Comme il est écrit (Bamidbar 18,20) « Je suis ta part et ton héritage au milieu des enfants d’Israël ». De même pour ce que nous donnons aux pauvres, nous le donnons à Hachem, béni soit-Il, si l’on ose s’exprimer ainsi. Comme il est écrit (Michlei 19,27) « c’est prêter à Hachem que de faire du bien au pauvre ». Ainsi, en accomplissant le commandement de donner une part de nos récoltes, on les élève vers Hachem, béni soit-Il, là où tout est Un. Comme lorsqu’on donne au Cohen.

Là réside le secret des ‘cent bénédictions’ à prononcer chaque jour. Le principe (Bamidbar 18,26) « la dîme de la dîme ». Comme il est rapporté (Shlah Toledot Or 1) ‘la Tefilah inclut cent bénédictions’. Il est écrit (Berechit 26,12) « il recueillit, cette même année, au centuple ». Tout cela pour ramener et inclure dans le Un en donnant de la dîme jusqu’à cent. Ce secret du dixième du dixième, c’est-à-dire un de cent qui est donné au Cohen. Ainsi, toutes ces réparations, la Troumah, la dîme et le don aux pauvres, ces réparations des saints champs se répètent année après année, comme mentionné plus haut. Il importe effectivement de tout inclure dans le Un. Lorsqu’année après année tout retourne vers son origine et s’élève là-bas. Alors s’annulent toutes les frontières relatives aux rigueurs des jugements et toutes les contractions.

Notre Père Yaakov a mérité d’enfanter les douze Tribus. Car sa couche était parfaite, sans aucun défaut. Il a bénéficié d’un héritage sans aucune limitation (Shabat 118). Toutes les frontières et toutes les limites ont été annulées grâce à ce mérite d’avoir unifié toutes les douze séparations à l’intérieur d’un unique ensemble. La Torah, le Peuple d’Israël et le Saint, béni soit-Il, forment un tout unique (Zohar Aharei Mot 73).

Chaque année, à la date anniversaire du décès d’une personne, il importe d’être occupé à la réparation de sa Nechamah. Raison pour laquelle il a été institué de jeûner en ce jour anniversaire. Le jeûne se réfère à fermer ses yeux sur les visions de ce monde, sur ses vanités. Cela rend possible de s’inclure dans la finalité, ce qu’est le monde à venir, là où tout est Un et bon. Là où n’existe aucune nourriture ni boisson. En effet, il est possible d’envisager la finalité seulement en fermant ses yeux sur les visions de ce monde. C’est-à-dire en se séparant totalement de toutes les envies et de toutes les vanités présentent ici-bas. La notion du jeûne nous permet de nous séparer des envies et des attraits de ce monde. Ainsi s’inclut la Nechamah du défunt vers la finalité, là où tout est Un. Ainsi, il devient possible de parvenir à cette réparation des Nechamot, correspondant à celle des champs, et d’acquérir des mérites, seulement en fermant ses yeux sur toutes les différentes visions de ce monde, ce qui correspond au jeûne.

Chabat Chalom
Kupath Rabbi Meir Baal Haness
Elhanan