Le feu étranger

Paracha Chemini

La faute de Nadav et Avihou s’est produite lorsqu’ils ont amené comme sacrifice (Vayikra 10,1) « un feu étranger » le jour de l’inauguration du Tabernacle. Ils étaient de très grands et impressionnants Justes, comme l’ont dit nos Sages ZL. Ils avaient conscience des mauvaises actions accomplies dans le monde, après tous les signes et les prodiges extraordinaires réalisés par Moshe et Aharon. Ils nous ont transmis la Torah accompagnée de signes exceptionnels. Malgré tout ‘la populace’ s’est renforcée et elle a provoqué de très graves perturbations. Raison pour laquelle Nadav et Avihou ont considéré que maintenant que le Tabernacle est édifié, que la Présence réside sur Israël, cela a amené d’impressionnantes réparations dans tous les mondes. Il ne s’était jamais rien produit de pareil depuis la Création de notre monde. Comme nous l’explique le saint Zohar au sujet de

 l’extrême élévation de cette intense sainteté du jour de l’inauguration de l’édification du Tabernacle. Alors sont descendues ‘dix Couronnes’ et s’est propagée la lumière cachée. Aussi, ils ont estimé que maintenant le moment est propice pour brûler et éliminer totalement ‘l’autre tendance’. De sorte qu’elle n’ait plus de force parmi les mauvaises personnes. Tout ce que représente ‘la populace’. Pour qu’elle ne puisse plus provoquer de dommage. C’est pourquoi ils se sont rapprochés avec un feu et de l’encens, mais ce n’était pas à un moment voulu et propice.

Assurément, ils étaient remplis de bonnes intentions. Ils ont voulu réveiller, grâce à leur action, le feu du jugement avec une sainteté supplémentaire. De sorte que la méchanceté disparaisse alors comme la fumée. Parce qu’il est connu qu’il n’existe rien qui puisse clarifier le bien d’entre les écorces, et consumer le mal, comme le feu du Ketoret. Et tout le feu du Ketoret et des sacrifices, qui se trouvaient dans le Tabernacle et le Sanctuaire, tout est attiré à partir du principe du feu du jugement, un principe de (Chemot 3,2) « une flamme de feu ». Elle élimine le mal et les écorces. Mais ils se sont trompés. Ils ont estimé que le moment était arrivé. Et qu’il possédait la force, dans leur extrême sainteté, de brûler et de supprimer au moyen du feu de la Ketoret. Ils parviendraient à faire disparaître totalement le mal et les écorces. C’est la raison pour laquelle ils ont approché ce feu du Ketoret, mais c’était à un moment qui n’était pas voulu. Ce que l’Écriture appelle un ‘feu étranger’. À cause de cela, ils ont été punis et ils ont été brûlés. Parce qu’il n’est pas possible de ‘précipiter’ le temps.

Mais, du fait que leur intention était pour le bien, il s’ensuit qu’ils ont mérité, du fait de leur décès, que s’opèrent de nombreuses réparations. Grâce à eux, le Tabernacle a été inauguré. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Vayikra Rabah 12,2) sur ce que Moshe Rabenou a exprimé en s’adressant à Aharon : ‘j’avais pensé que le Tabernacle serait inauguré soit par moi, soit par toi ! Maintenant, je constate qu’ils sont plus grands que toi ou moi’. Mais, ils n’ont pas obtenu que la réparation s’effectue durant leur vie. Au contraire, ils ont été punis et cela leur est considéré comme une transgression. Ils ont conclu cette réparation par leur disparition. Ainsi a été inauguré le Tabernacle ! Il correspond au Palais de sainteté du fait de leur décès. Parce que les grands Justes, après leur disparition, atteignent aussi tôt le principe du Shabat. Ils méritent que ce jour soit considéré comme entièrement Shabat et apaisement. Ce qui correspond (Yeshayaouh 57,2) « il rentre en paix, il repose sur sa couche, celui qui suit son droit chemin ». Précisément cette notion de Shabat et de repos. Comme il est écrit (Daniel 12,13) « et toi, marche vers la fin; tu entreras dans le repos ». Car, lorsqu’on est inclus dans le principe de la sainteté du jour entièrement Shabat et repos, alors grâce à cela est sanctifié le Tabernacle. Ce qui correspond à la construction du Palais de sainteté.

Pour nous permettre d’être occupés à rapprocher des Nefashot vers Hachem. Parce que nous ne possédons pas en nous-mêmes une force suffisante pour effectuer cela. Mais seulement grâce à la force des vrais Justes, de niveaux très supérieurs, qui ont disparu. Ils correspondent au Shabat. Précisément après leur disparition, ils méritent encore plus ce principe du Shabat. Parce qu’immédiatement, ils sont inclus dans ce jour qui est entièrement Shabat, entièrement repos. Et effectivement, grâce à cela ils peuvent s’atteler à cette construction. Il s’agit de l’essentiel du travail qui est attiré dans le Tabernacle et le Sanctuaire, pour obtenir cette réparation pour Israël, et pour les rapprocher vers Hachem. C’est pourquoi précisément l’inauguration du Tabernacle s’est concrétisée par leur disparition. C’est ce qu’a dit Moshe Rabenou (Vayikra 10,3) « c’est là ce qu’avait déclaré Hachem en disant: ‘Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!’». Il s’agit précisément de ‘sanctification’ et de ‘honneur’. Ce qui correspond au Palais de sainteté, ces notions de sainteté et d’honneur. Parce que le Palais correspond (Ps., 29,9) « dans Son Palais tous s’écrient: " Gloire ! " ». Ce qui se dévoile au moyen du rapprochement des Nefashot / âmes vers Lui . Tout ce qui s’est effectivement réparé au moyen de leur disparition.

Aussi, le jour de Kipourim, lorsque s’opère l’essentiel de la réparation du Palais de sainteté, alors le Grand-Prêtre pénètre à l’intérieur de l’intérieur, vers l’emplacement de l’Arche. Ce qui est l’essence de la sainteté de l’intériorité. Car alors, tout Israël revient au repentir, et leur sont pardonnées toutes leurs transgressions. Tous se rapprochent vers Hachem. C’est pourquoi, quand il leur a été ordonné tout le service du jour de Kipour, cela commence (Vayikra 16,1) « après la mort des deux fils d’Aharon ». Parce que l’essentiel du service du jour de Kipourim réside dans la réparation des Nefashot. C’est le principe de la réparation du Palais de sainteté. Ce qui s’est passé au moment de la disparition des deux fils d’Aharon, lors de la disparition des grands Justes. Mais Aharon, le Grand-Prêtre, et les Cohanim après lui, ceux qui correspondent aux Justes, ceux qui durant leur vie sont occupés avec ces réparations, ils sont mis en garde (ibid. 16,2) « qu’il ne vienne pas en tout temps vers la Sainteté ». Pour nous enseigner l’interdit de vouloir ‘précipiter’ le temps. Il importe de seulement s’annuler soi-même à chaque fois et s’en remettre uniquement à Hachem. Tout ce que représente et constitue le Shabat.

Il s’agit de cette allusion de l’interdit de ‘précipiter’ le moment opportun, comme nous l’indiquent en de nombreux endroits nos Sages ZL. Bien que la construction du Palais de sainteté se révèle extrêmement précieuse. Là où plus particulièrement résident Son Honneur et Sa Grandeur. Malgré tout, nous ne sommes pas autorisés à anticiper l’heure voulue. Comme il est écrit (Devarim 7,22) « tu ne pourras pas les détruire rapidement ». Parce qu’il est impossible de supprimer et d’annuler l’autre tendance ou les écorces rapidement d’un seul coup. (Chemot 23,30) « Je les expulserai de devant toi petit à petit, jusqu’à ce que, devenu nombreux, tu puisses occuper tout le pays. » Raison pour laquelle l’essentiel de la réparation s’effectue grâce au principe du Shabat. C’est la sainteté du vrai Juste, dont l’essentiel de notre occupation doit s’en remettre entièrement à Lui et en Sa Force. Car nous ne savons pas quand, ni comment, nous impliquer pour cela. Nous devons simplement, chaque jour, nous souvenir du Shabat. Il correspond à la sainteté du vrai Juste. Tout ce qui se rapporte à l’apaisement, à l’annulation, à l’abandon. Précisément, Hachem éclaire les yeux de tous ceux qui désirent sincèrement s’occuper en faveur de Son Nom dans cette sainte construction : ramener vraiment des Nefashot / âmes vers Hachem. Cela s’impose à chacun d’Israël qui souhaite effectivement se rapprocher vers Hachem. Comme il est obligé de revenir vers Lui, de même il doit s’entretenir avec son prochain pour le rapprocher vers la véritable vérité. Alors, chacun reçoit l’un de l’autre.

Mais, il n’est pas possible d’être occupé avec cela constamment, mais seulement en se basant sur le principe du souvenir du Shabat. Ainsi, il devient possible ensuite d’exprimer sa prière devant Hachem. Pour qu’il lui soit répondu avec vérité et pour être délivré, en sachant comment se conduire au sujet de cette construction. Comment expulser le mal en soi et également des Nefashot qui désirent se rapprocher, grâce au feu émanant de la rigueur du jugement. Pour savoir qui il convient de rapprocher et aussi qui éloigner. Raison pour laquelle, lors de la prière de Minha de Shabat nous disons (Ps. 69,14) « et moi, je suis ma prière pour Toi ». Au moment de la prière de Minha, chaque jour, alors commence la dissimulation de la lumière de ce présent jour. Et pointe le jour que le suit. C’est pourquoi nous ne disons pas les supplications lors de la prière de Minha durant les jours où s’ajoute de la sainteté. Par exemple, la veille de la néoménie – la nouvelle lune. C’est pourquoi durant Minha de Shabat, à l’approche de la disparition de ce jour, alors il convient de se préparer pour attirer la sainteté de Shabat dans les jours profanes. Pour nous permettre d’être occupés au moyen de la force de la sainteté du Shabat dans la construction du saint Palais.

Raison pour laquelle nous formulons cette prière, où nous précisons qu’il s’agit (ibid.) « d’un moment propice ». Pour attirer, avec cette sainteté, ce qui correspond à la Tefilah, pour mériter l’abondance de Ses Miséricordes. Pour être vraiment exaucé avec Ses Délivrances. Pour mériter de savoir comment attirer le feu du jugement. Pour mériter de nous juger nous-mêmes comme il convient. Et grâce à cela annuler en nous le mal de toutes les Nefashot qui se rapprochent de nous. Et nous nous réunissons durant ce troisième repas de Shabat, un moment propice pour rapprocher vers Hachem des Nefashot. Comme le Shabat s’apprête à sortir, nous voulons aussi attirer de sa sainteté à l’intérieur des jours profanes. Ce qui correspond à cette construction du Palais de sainteté.

Chabat Chalom
Source: Elhanan Lepek