Une grande abondance

Paracha Mishpatim

Au moment de la Sortie d’Égypte, Israël a mérité de recevoir une grande abondance. Comme il est écrit (Berechit 15,14) « par la suite, ils sortiront avec de grandes richesses ». En référence à la bénédiction prise par Yaakov à Esaw. Tout cela parce qu’il lui a auparavant pris le droit d’aînesse, comme il est écrit (idib. 27,36) « iI m’a pris mon droit d’aînesse et voici que maintenant il m’enlève ma bénédiction ! » Parce que lorsque s’élève l’esprit sur le Kaved / le foie, cela correspond au droit d’aînesse dans la sainteté. Alors, Israël reçoit d’abord son alimentation, et il attire en premier toute l’abondance et la bénédiction vers l’esprit. C’est-à-dire qu’ainsi se réalise que c’est pour Israël que le monde a été créé. 

Et toutes les richesses et les

abondances, tout le bien de tous les mondes, lui revient en priorité. Seulement, lorsqu’Israël faute, que nous en soyons protégés, alors se renforce l’exil, ce qu’est l’emprise du foie sur l’esprit. Et par conséquent le foie reçoit d’abord son alimentation. Et Israël ne reçoit que les reliquats. C’est pourquoi au moment de la Sortie d’Égypte, quand le foie s’est trouvé dominé par l’esprit, alors l’abondance est revenue vers sa destination véritable, vers Israël. Alors (Chemot 12,36) « ils dépouillèrent l’Égypte ». Ils ont repris les richesses qui vraiment leur revenaient. Car c’est à la veille de Pessah que Yaakov avait reçu le droit d’aînesse grâce aux deux agneaux qu’il avait préparé pour son père. Un avait été sacrifié pour Pessah et l’autre comme sacrifice de Haguigah. Car les sacrifices correspondent à un serment, à un vœu. Grâce à lui on mérite les jouissances de Shabat, et ainsi se domine le foie rempli de sang. Ce que représente Esaw. On lui prend l’aînesse et la bénédiction que l’on ramène vers l’esprit. Ce qu’est l’aîné dans la sainteté, le principe de Yaakov. C’est l’essentiel de la Sortie d’Égypte intervenu durant la nuit de Pessah, quand Yaakov a reçu le droit d’aînesse, ce que sont toutes les abondances et les richesses. Comme il est écrit (Berechit 27,28) « et l’Éternel te donnera la rosée des cieux et des sucs de la terre, etc. » Ce qui correspond (ibid. 15,14 ment.) « alors ils sortiront avec de grandes richesses ».

Nous lisons, durant les jours de Pessah, la Parachah (Chemot 22,24) « si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de Mon Peuple ». Parce que l’essentiel de la pauvreté et des emprunts, que nous en soyons protégés, est consécutif au renforcement du foie sur l’esprit. Alors, les serviteurs d’idoles, dont toute leur emprise dépend du foie, le principe de Esaw qui a la maîtrise sur tous les exils, dominent sur Israël. Ils saisissent toutes les influences. Et Israël se maintient avec le substantiel. De là découle la pauvreté d’Israël. Parce que lorsqu’Israël accomplit Sa Volonté, béni soit-Il, alors se réalise (Devarim 15,4) « toutefois il n’y aura pas d’indigent chez toi, car Hachem te bénira dans ce pays ». C’est-à-dire qu’Israël reçoit la bénédiction et l’aînesse de Esaw. Alors, nous pouvons avoir une domination sur eux. Et la pauvreté les atteint, sans qu’Israël soit concerné. Parce que l’essentiel de la pauvreté vient lorsque le foie se renforce sur l’esprit. Comme conséquence de la faute de l’envie de nourriture. En relation à la faute de la consommation de l’arbre de la connaissance du bien et mal. De là découlent les poursuites et les soucis des engagements pour obtenir son revenu. 


Selon les notions de (Berechit 3,17) « dans la peine tu en tireras ta nourriture » et (ibid. 19) « à la sueur de ton front tu mangeras ton pain ». Ce qui se rapporte au renforcement du foie / Kaved (la lourdeur), le principe de (Chemot 5,9) « que le travail s’appesantisse sur ces hommes ». Ce sont tous les travaux et tous les efforts nécessaires pour gagner de l’argent. Selon (Bamidbar 11,8) « le peuple se dispersait pour en recueillir ». Car ils étaient soumis à un travail astreignant. La nécessité de beaucoup s’engager et s’affairer pour obtenir son revenu. Tout à cause du renforcement du foie sur l’esprit, comme mentionné. Tout ce qui se rapporte à l’atteinte contre le savoir. Dont la conséquence provoque les ‘lourdeurs / Tekaved’ dans les travaux. Ce qui correspond au foie rempli de sang. Les sangs sont mentionnés au pluriel. Car il existe deux sortes de sang. Le sang effectif, mais aussi l’argent qui se nomme avec le même vocable (Haguigah 14:). Également en référence à Esaw dont l’emprise est sur le foie. Il verse le sang, mais il saisit aussi l’argent revenant à Israël. Son renforcement est provoqué par les transgressions commises par Israël. Alors, il est exigé de fournir de grands efforts pour obtenir son revenu, en raison de l’absence de savoir. Parce qu’ils se sont déjà renforcés contre le savoir. En référence à toutes les peines pour obtenir son revenu. Tout à cause d’un manque de connaissance.

Aussi (Pirkei Avot 3,5) « chacun qui prend sur lui le joug de la Torah, il se trouve affranchi du joug de la royauté et du joug du gagne-pain. Mais celui qui rejette le joug de la Torah, il se voit imposer le joug de la royauté et du joug du gagne-pain ». Cela correspond au renforcement de l’esprit sur le foie, correspondant à Esaw. Selon le principe (Rachi Berechit 25,23) ‘lorsque l’un des deux s’élèvera, l’autre s’effondrera, ainsi qu’il est écrit (Yehezqel 26, 2) : « je vais être comblée, maintenant qu’elle est ruinée ». Tyr n’a été comblée que lorsque Jérusalem a été ruinée (Meguilah 6.). Car on la débarrasse du joug de la royauté et des conduites de ce monde. Parce que s’annule la domination de Esaw, dont l’emprise s’exerce sur le foie. Également sont supprimées les conduites du monde, c’est-à-dire les poursuites après le revenu et tous les travaux qui semblent être exigés. Et celui qui ne prend pas sur lui le joug de la Torah, il affaiblit son discernement, et alors se renforce le foie. Par conséquent, s’impose sur lui le joug venant de la domination de Esaw, principalement en le forçant à se consacrer, de plus en plus, à la recherche d’argent. Par contre, en acceptant le joug de la Torah, il renforce sa compréhension et il domine l’influence du foie grâce à son esprit.

D’où la mise en garde formulée par la Torah de manifester de la miséricorde en faveur du pauvre. En lui prêtant, comme mentionné (Chemot 22,24) « ne sois pas à son égard comme un créancier », lorsque le pauvre est contraint de tendre la main, au point d’être obligé d’emprunter de l’argent à d’autres personnes. Comme conséquence du renforcement du foie. C’est la source principale de la pauvreté. Quand il est obligé d’obtenir un prêt, cela correspond à la servitude. Selon le principe (Michlei 22,7) « le débiteur est prisonnier de son créancier ». Cette notion mentionnée de « le travail s’appesantit sur ces hommes », d’où découle l’essentiel du dénuement et des nécessités d’emprunter. Raison pour laquelle la Torah recommande à chacun d’Israël d’éviter d’emprunter et de ne pas se conduire comme un créancier. De sorte à élever la personne du principe de la servitude, de l’esclavage de l’emprunt. Et de se conduire avec celui qui est obligé de quémander comme s’il s’agissait d’une personne libre, pour le faire sortir de la servitude vers la liberté.

Aussi, l’essentiel du prêt doit être consenti pour venir en soutien à l’emprunteur. Peut-être ainsi il méritera d’obtenir grâce à cela son revenu. Comme il est écrit (Vayikra 25,35) « si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, etc. » Et comme l’explique là-bas Rachi ‘ne le laisse pas dépérir jusqu’à ce qu’il tombe et qu’il devienne difficile de le relever. Mais soutiens-le dès qu’il commence à vaciller’. Parce que la pauvreté est provoquée par le renforcement du foie sur l’esprit, comme mentionné. Par conséquent, celui qui tombe dans la pauvreté, à cause de ce renforcement du foie sur l’esprit, son esprit est perturbé ! Et d’autant plus il tombe dans la pauvreté, ainsi d’autant plus s’affaiblit son esprit. Il s’ensuit, en général, que le pauvre est une personne toujours en colère. Parce que la colère est provoquée par les sangs du foie. Et à cause de cela (Baba Kama 32) ‘après le pauvre va la pauvreté !’. Aussi, celui qui ressent quelques miséricordes pour le pauvre, et il désire lui procurer un revenu, effectivement il donne de la vie à son Nefesh / âme. Il peut le sortir totalement de sa pauvreté.

Car grâce à son don, il redonne de la vie au Nefesh du bénéficiaire et il élargit son esprit. Grâce à cela sa compréhension se renforce sur le foie. Et d’autant plus il renforce son esprit, ainsi il domine le foie. Ainsi, il annule la pauvreté. C’est le principe du commandement de ‘Guemilout Hassadim / dispenser de la miséricorde, de la charité, des bonnes œuvres’ se révèle plus important que celui de la Tsedakah / la charité pure (Sotah 49:). Car grâce à la Guemilout Hasssadim, en lui prêtant, il lui procure un soulagement en fonction du moment. Il peut alors le sauver pour toujours de la pauvreté. En lui venant en aide et au moyen du prêt, il élargit son esprit. Alors, quand le foie est dominé, son esprit peut de plus en plus s’épanouir. À tel point que l’influence du foie peut finir par totalement disparaître. C’est pourquoi la Torah a mis en garde celui qui accorde un prêt de ne pas se conduire avec son emprunteur comme un créancier intraitable. Mais pour le sauver de la servitude, ce principe (Michlei 22,7) « le débiteur est prisonnier de son créancier ». Pour sauver le débiteur de la domination du foie, de tout ce qui peut conduire au renforcement de la servitude. 

D’où découle l’essentiel de la pauvreté et des nécessités d’emprunter. Il convient de se conduire avec de telles personnes acculées dans de telles situations comme si elles n’avaient pas du tout emprunté de l’argent. En ne se conduisant pas comme un créancier, cette attitude permet de les sauver de la servitude. Alors sera annulée la servitude dans Israël. Lorsqu’il ne se trouvera plus de créancier face aux emprunteurs, grâce à cela ce principe relatif au foie se trouve annulé, comme tout ce qui se rapporte à la servitude. Alors, grâce à l’élargissement de son esprit, l’emprunteur parviendra à totalement rembourser son emprunt. C’est tout le sens de la lecture de ces paragraphes durant la période de Pessah. Il s’agit du moment privilégié de notre libération, de tout ce que représente la Sortie d’Égypte. Alors, nous avons mérité de sortir de l’esclavage vers la liberté. Tout a été rendu possible grâce à une entière domination du foie par l’esprit. Ainsi, grâce à ce principe de ne pas se conduire comme un créancier, pour sauver quelqu’un d’Israël, de ce principe de la servitude, il est rendu possible de s’élever de l’esclavage, de la servitude, vers la liberté.

Chabat Chalom
Kupath Rabbi Meir Baal Haness
Elhanan