Recourir à des emprunts

Paracha Mishpatim

La nécessité de recourir à des emprunts est consécutive à l'existence de jours favorables ou de jours néfastes (Kohelet 7,14). On emprunte en raison d’un manque dans son revenu actuel. Et l’on espère qu’après un certain nombre de jours sa situation changera. Il pense que présentement ce sont des jours négatifs, desquels découlent les problèmes pour son revenu. Par conséquent, il emprunte à son prochain, et il va patienter jusqu’à ce que passent ses mauvais jours. Comme c’est une habitude dans le monde de dire qu’il s’agit d’un mauvais moment à passer. En réalité, il s’exprime ainsi constamment. Il pense pouvoir, alors, rembourser.

Raison pour laquelle on doit absolument s’éloigner de tout emprunt. Il faut croire que même durant les mauvais jours eux-mêmes se trouve du bien. Cela correspond (ibid.) « au jour de malheur, réfléchis ! ». Il convient précisément de ‘réfléchir’. Alors, assurément, il pourra obtenir son revenu ! Et il ne sera pas contraint d’en arriver à emprunter et s’endetter. Car même celui qui se trouve occupé dans le négoce avec des étrangers, il doit savoir et croire qu’également dans ces conditions Hachem est présent. Parce que dans toutes les langues sont revêtues des lettres de la Torah. Aussi, celui qui met

sa confiance dans la force des Justes, et il domine ses instincts, il est certain qu’il ne ressentira pas de manque dans son revenu. En effet, il est possible de découvrir des lettres de la Torah dans toutes les langues. Ainsi, il pourra réaliser avec elles ce que la Torah attend de lui. Ce qui correspond (Ps. 103,20) « exécutez Sa Parole pour obéir à la voix de Sa Parole ». Sans aucun doute sera attiré vers lui une abondance favorable et des bénédictions grâce à la Torah qu’il clarifie et qu’il établit à partir de cela. Parce que la Torah constitue la source des bénédictions et de l’abondance.

Mais en raison du renforcement des mauvais jours sur les jours favorables, il lui semble que ces derniers ont disparu de lui. Il ne parvient plus à percevoir qu’également à l’intérieur de ces mauvais jours eux-mêmes existe du bien. A cause de cela, il ne réussit pas à découvrir les lettres de la Torah dans son négoce et ses occupations. A partir de ce moment, l’abondance descend pour lui avec une très grande parcimonie. Cela se rapporte au secret (Meguilah 7,2) « jusqu’à ne plus savoir la différence entre maudit soit Haman, etc. » Alors il en arrive à s’estimer obligé d’emprunter. Il se convainc que présentement ce sont de mauvais jours. Et les jours favorables viendront plus tard. Par conséquent, effectivement, il emprunte. Désormais, il lui est devenu extrêmement difficile de réussir à se libérer de ses obligations. Et en général, il ne parvient pas à rembourser ses emprunts à temps.

Nos Sages ZL ont souhaité qu’au moins il lui soit donner de rembourser. Mais, du fait qu’il ne croit pas qu’également durant ces mauvais jours eux-mêmes il est possible de découvrir du bien, comment parviendra-t-il à saisir les bons jours ! Parce qu’en réalité les bons et les mauvais moments se retrouvent dans chaque jour. Seulement, chacun en fonction de son renforcement sur ses propres instincts, il lui incombe de renforcer le bien par rapport au mal. Ainsi, il est possible d’attirer le principe des bons jours au détriment des jours marqués par le contraire. L’essentiel réside dans la vision du bien, dans la croyance qu’il se trouve également du positif dans le mal lui-même. Car, dans cette notion des mauvais jours, il existe à l’évidence aussi du bien. Parce que (Midrach Rabah Michpatiam 30) « Il remplit toute la terre de Son Honneur ». Mais, celui qui tombe dans les dettes, à cause de cela il ne parvient plus à découvrir les bons jours et le bien à l’intérieur des mauvais jours. Par conséquent, il doit surmonter de grandes difficultés pour se sortir de ses dettes. A chaque fois, se renforce de plus en plus contre lui le mal. Il s’agit de l’essentiel du renforcement du mal. Raison pour laquelle nos Sages ZL nous ont tellement mis en garde de ne pas contracter des dettes. Et plus particulièrement pour celui qui désire se repentir. Il doit absolument se prémunir de prendre sur lui n’importe quelle dette.


 Et plus particulièrement pour celui qui aspire à se repentir. Parce qu’il sait, au fond de lui, qu’il a fauté, et que le mal en lui s’est renforcé sur le bien. Mais maintenant, il veut revenir sur sa conduite. L’essentiel du repentir consiste donc à dévoiler le bien depuis l’intérieur même du mal. Il croit sincèrement qu’au fond de lui existe du bien. Et il reste dans l’espoir de se repentir vraiment selon (Devarim 4,29) « depuis là-bas vous rechercherez Hachem, Votre Éternel ». Précisément ‘depuis là-bas’, depuis tous les endroits où ils se trouvent dispersés. Donc, à l’évidence, il s’impose d’être attentif à ne pas en arriver à avoir des dettes. Qui est la conséquence d’un manque de foi. Parce qu’il ne parvient pas à voir, également dans les mauvais jours, le bien existant là-bas. Ceci est la cause principale d’où découlent tous les emprunts et toutes les dettes.

Il s’ensuit également l’interdit d’emprunter sans le confirmer par un ‘acte’ écrit. Ce document écrit est relatif à la mémoire. Comme il est mentionné (Chemot 17,14) « écris ceci pour mémoire ». En effet, l’essentiel de l’oubli ou du souvenir se situe par rapport au temps. Parce qu’au-delà du temps se trouve le principe de ‘l’amour dans le savoir’. Là-bas, il ne peut pas être question d’oubli ou de mémoire, car cela dépasse le temps. Car l’oubli ne peut intervenir seulement dans la prolongation du temps. Comme il est écrit (Kohelet 2,16) « quand les jours futurs seront passés, tout s’oublie ». Donc, l’essentiel de l’oubli dépend du temps. Là peuvent se renforcer les mauvais jours au dépend des jours favorables. Car l’oubli vient du mal et de la disparition de la conscience. D’où l’emprise de l’oubli. Raison pour laquelle un document écrit s’impose pour garder le souvenir. Il s’ensuit que l’essentiel de l’écrit, du souvenir, vient pour renforcer le bien, pour dominer les mauvais jours. Par conséquent, il est interdit de contracter un emprunt sans le confirmer par écrit. Parce que l’essentiel, pour faire disparaître la dette, vient au moyen de l’amplification du bien sur les mauvais jours. Cela précisément grâce à l’acte écrit, il signifie le souvenir. Et faire disparaître la dette, en la remboursant, représente un commandement positif. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Berahot 186.) « le débiteur est obligé de rembourser ». Il est possible de réaliser ce commandement lorsqu’on renforce le bien face au mal. Jusqu’à susciter l’abondance et la bénédiction découlant de l’extinction de la dette. Ainsi, grâce à l’acte écrit, qui est la mémoire, on mérite d’attirer la conscience sur l’avantage de cet engagement.

Parce qu’en tombant dans les dettes, on tombe dans la servitude. Ce qui correspond (Michlei 23,7) « celui qui emprunte est l’esclave de celui qui prête ». Et le principe de la servitude (Berechit 9,25) « maudit soit Canaan ». La malédiction a été prononcée contre le serpent (Berechit 9,25). Également (ibid. 3,14) « tu es maudit entre toutes les bêtes », et (ibid. 3,19) « tu mangeras à la sueur de ton front ». De là proviennent tous les empêchements et toutes les servitudes pour obtenir son revenu. Parce que le premier Homme ne s’est pas renforcé pour dominer les mauvais jours par rapport aux bons jours. Il a mangé de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. A cause de cela, il est dit (Michlei 12,16) « l'irritation de l’insensé se connaît le jour même ». Précisément ce ‘jour’. C’est ce jour où il en a mangé, etc. Parce que l’essentiel de la faute est consécutif à ‘ce jour’. Il ne s’est pas efforcé de découvrir tout le bien se trouvant dans ce jour, et le renforcer contre le mal. De là découlent tous les emprunts, provenant d’un manque apparent dans le revenu.

Aussi, l’essentiel de la responsabilité repose sur cet ‘acte’. Grâce à lui, il devient possible de se libérer de ses engagements. Parce que l’écrit permet de dominer le mal au moyen l’utilisation appropriée du bien. Jusqu’à parvenir à supprimer sa dette. Car tout retard dans le remboursement, ou toute remise en cause, résultent du mal qui se renforce. Tellement, qu’il lui devient difficile de s’acquitter de sa dette en son temps. Ce qui correspond (Ps. 37,21) « le méchant emprunte et ne paie pas ». Le verset nous indique que toutes les mauvaises fois sont dénommées ‘l’emprunteur mécréant’. En effet, l’essentiel de la méchanceté vient du renforcement des mauvais jours sur les bons jours. D’où tous les emprunts et les retards dans leur remboursement. Pour maîtriser jusqu’à être obligé de s’acquitter de sa dette, et à dominer les mauvais jours grâce aux jours favorables. Ce qui est rendu possible au moyen de l’acte écrit et du souvenir. Aussi la Torah nous met en garde (Chemot 22,24) « si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au pauvre qui est avec toi, ne soit pas envers lui comme un créancier, ne lui imposez pas d'intérêt ». La nécessité d’avoir de la compassion pour le pauvre, et ne pas se conduire avec lui comme un simple créancier en lui imposant des conditions astreignantes pour le sortir de force de ses dettes.

Chabat Chalom
Source: Elhanan Lepek