Une lumière particulièrement puissante

Paracha Bo

C’est le principe de la Matsah. À Pessah se dévoile une lumière particulièrement puissante. Il n'est absolument pas possible, de n'importe quelle façon, de saisir cette lumière. D’autant plus que cela se passe avant le Don de la Torah, lorsque nous n’avons aucun outil pour la réceptionner. Parce que tous les outils, les mesures, les contractions se forment seulement grâce à la sainte Torah. Aussi, quand c’est Pessah, au commencement du dévoilement de Son Éternité, il s’avère très important de prêter attention à quoi que ce soit de Hamets / levain. On ne doit absolument pas en trouver, dans n’importe

laquelle de nos possessions. Parce que le Hamets se rapporte à l’idée de fermentation de l’esprit. La notion de rechercher, d’investiguer, le principe (Ps. 73,21) « lorsque mon cœur fermentait, etc. ». Ce que nous dit le roi David au sujet des interrogations et des examens qui s’élèvent dans le cœur de l’homme (Baba Batra 15,2) « le harcèle dans ce monde ». 

Par contre, durant toute l’année ne se manifeste pas une lumière tellement puissante. Nous avons reçu la Torah, elle est entièrement constituée de mesures ou de contractions relatives à des appréhensions de Son Éternité. Alors, il nous est possible de consommer du Hamets, sans qu’il nous cause de dommage. Parce que dorénavant, notre Emounah / confiance est affirmée grâce à la sainteté de la Torah. Ce qui correspond (Ps. 119,86) « tous Tes Commandements sont confiance ». Dorénavant, bien que nous mangions maintenant du Hamets, celui-ci ne se renforce pas au point de provoquer la fermentation de notre esprit ! Par contre, durant la période de Pessah, qui constitue le début du dévoilement de Son Éternité, au moment où se répand une abondante lumière venant des sphères supérieures, elle ne vient absolument pas depuis le réveil d'en bas. La Sortie d’Égypte n’aurait pas été réalisable sans cet éblouissant éclat. Tellement ils se trouvaient enchaînés par l’impureté égyptienne. Raison pour laquelle il était obligatoire que se dévoile alors à eux la plus forte des lumières.

Mais, il nous est impossible de parvenir à saisir ce que représente cette puissante lumière. Elle provoque dans notre Nefesh / âme un tel dévoilement pour Le servir avec un très grand engagement. Parce que (Meguilah 3.) ‘si toi tu ne vois pas, ton Mazal / destin le voit’. Raison pour laquelle la Sortie d’Égypte a dû s’effectuer dans une très grande précipitation. Ce qui correspond (Chemot 12,39) « sans pouvoir s'attarder ». Cette notion se retrouve valable pour chaque individu, à tout moment. Car tout un chacun, tant qu’il se trouve investit dans les envies et les vanités de ce monde, cela correspond à l’exil égyptien. Et certaines personnes sont, du fait de leurs fautes et transgressions, plus particulièrement insérées dans l’impureté de l’Égypte. Elles sont tellement saisies par leurs instincts, par conséquent il devient impossible de les extraire de là-bas en leur faisant de la morale ou en leur exprimant des remontrances. Ils sont tellement affectés par leurs inepties et leurs errements, il devient quasiment impossible, par quelque moyen que ce soit, de les en extraire, même en leur parlant à leur niveau de Torah ou de la destinée dans ce monde.

Aussi, les considérations propres à Hachem Lui appartiennent. Il ne nous est pas donné de les saisir. Dans Sa grande Miséricorde, Il envoie vers chacun parfois de grandes étincelles, de forts réveils dans le cœur, pour nous ramener vers Lui. Ce sont des ‘signes’ venant d’en haut (Zohar Vayehi 217, Pinhas 220). Il revient à chaque personne de très bien prendre garde à son Nefesh. Donc, aussitôt qu’est ressenti quelque élan vers le repentir, aussitôt il faut se précipiter en vue de sauver son Nefesh, et ne pas du tout regarder en arrière. Comme il est écrit (Berechit 19,17) « sauve ta vie, ne regarde pas derrière toi, ne t’arrête pas ». Et (Michlei 5,6) « ses pas l’égarent, sans qu’il le sache ». Parce qu’on peut se trouver tellement impliqué par des perturbations, ses instincts ou ses inepties. Par conséquent, dès que l’on commence à réfléchir sur tous les tenants et aboutissants, sur la façon de réussir à se débarrasser de ses instincts, quel chemin il convient d’emprunter pour mériter le repentir. De toute évidence on va réfléchir et penser combien on se trouve enfoncé dans tous nos errements, que nous en soyons protégés. Raison pour laquelle au début d’un réveil en direction du repentir, il convient d’immédiatement s’enfuir au loin, ne pas regarder sur ses arrières, sur tout ce qui a pu se passer. Et, quoiqu’il puisse arriver, s’efforcer de sauver son Nefesh en quittant et en abandonnant dans la précipitation tout ce qui peut se présenter comme perturbation ou empêchement.

Là réside tout le principe de Pessah, de la Sortie d’Égypte. Alors s’est dévoilé depuis en haut un très puissant éclairage. Aussitôt, dans une très grande précipitation Israël est sorti d’Égypte. Ils ne pouvaient pas, et ils ne devaient pas attendre. S’ils étaient restés là-bas ne serait-ce encore qu’un instant, ils auraient été engloutis là-bas. Comme il est écrit (Ets Haim 31,85). De même, il se présente dans la vie des instants durant lesquels il nous est interdit de penser à notre revenu. ‘S’il en va ainsi, d’où viendra le revenu ?’ Il importe de seulement placer son assurance en Hachem, de s’en remettre à Lui, qu’Il va nous permettre d’assurer notre existence ! 

C’est pourquoi (Chemot 12,39) « ils ne firent pas non plus pour eux des provisions ». Lorsque s’impose la fuite devant les dangers qui vont nous piéger, alors, il est interdit de s’arrêter et de réfléchir au moyen d’assurer sa subsistance ou de préparer des provisions. Car il est évident que lorsque s’attaque contre une personne un assassin, un brigand ou une bête sauvage, elle va se précipiter pour s’enfuir d’eux. Il est certain qu’elle ne va pas commencer alors à envisager d’où viendra son revenu. À bien plus forte raison quand l’homme doit s’enfuir de l’enfer ou des souffrances du monde pour sa vie éternelle. Il importe, depuis là où il se trouve, de s’enfuir dans la précipitation et de sauver son Nefesh, et sans absolument se retourner pour regarder derrière lui. Il ne peut pas être question, à ce moment, d’attendre patiemment. Également, des provisions et ses finances ne seront pas alors prises en considération. Il va mettre toute son assurance en Hachem. Il va se reposer sur l’Éternel pour qu’Il ne l’abandonne pas.

La Matsah correspond à cela, elle renferme toute l’idée de précipitation. Parce que le commencement du réveil se réfère à Pessah. C’est le début et un grand réveil. Il n’est pas possible d’envisager un engagement vers le repentir si ce n’est en rejetant de soi-même toutes les intelligences, selon (Devarim 32,6) « peuple insensé et dépourvu de sagesse ». Parce qu’il estime devoir alors réfléchir, rechercher des conseils, ou des conceptions relevant des sciences extérieures, pour suivre les indications en vogue dans le monde, pour son revenu. Pourtant, l’essentiel du dévoilement concernant l’Éternel, et le réveil qu’il ressent au fond de lui, venant d’en haut, lui permet d’observer de loin une grande lumière. Pour que son Nefesh languisse et qu’il abandonne ses envies et les vanités. Il doit se renforcer encore plus dans la Emounah, grâce à l’amplification de l’essence de la lumière, qu’il distingue au loin. Parce que l’essence elle-même de la lumière, il lui est impossible de la recevoir. Raison pour laquelle il doit alors se renforcer d’autant plus dans la Emounah. D’où la précipitation, pour courir de toutes ses forces, en s’enfuyant de tout ce qu’il faut fuir au plus vite. C’est cela la Matsah qui doit être enfournée avec la plus grande des précipitations.

La Matsah est désignée sous l’appellation de (Devarim 16,3) « pain de misère ». Cela, à première vue, soulève une difficulté. Parce qu’il ressort des écrits du Ari ZL (Pri Ets Haim, Hag Hamatsot, 2) que la Matsah correspond à la notion de l’esprit à un niveau particulièrement élevé. Pourquoi donc l’appeler « pain de misère » ? Ce qui est relatif à l’absence de savoir. Parce que la réelle pauvreté se situe seulement dans le savoir (Neddarim 41). En vérité, ces deux notions se complètent l’une avec l’autre, et elles forment un tout. Car en raison de l’extrême puissance de la lumière revêtue dans la Matsah durant Pessah, elle se rapporte au « pain venant des cieux » (Kidoushin 38). Parce que les galettes prises par Israël à la sortie d’Égypte avaient le goût de la Manne. Ce qui correspond au réveil venant d’en haut. Et du fait de l’extrême lumière durant Pessah, cela correspond à la Matsah. Raison pour laquelle toute compréhension la concernant nous échappe totalement. Car il ne s’agit pas d’une lumière venant depuis le bas. Aussi, en vue de renforcer et de vivre la Emounah / confiance, grâce à laquelle il est donné de percevoir cette grande lumière venant depuis le haut, qu’il nous est absolument impossible d’appréhender, malgré tout il s’opère un très grand renforcement dans la Emounah. C’est pourquoi elle est appelée « pain de misère », selon cette notion « qu’il n’existe de pauvreté que dans le savoir ». Car précisément à ce moment, du fait de cette très forte lumière, il s’avère indispensable de complètement rejeter son savoir, et savoir que l’on ne sait rien du tout ! Ce qui se réfère à l’intelligence d’en bas.

Et ce ‘pain de misère’ nous rappelle les souffrances que nous avons subies en Égypte. Ce sont tous les pénibles fardeaux qui nous ont été imposés (Pessahim 115:). Parce que l’essentiel du dévoilement du savoir et de l’éclairage de Pessah se rapportent au commencement du repentir. De sorte qu’ainsi nous nous rappelions constamment à nous-mêmes des souffrances endurées par notre Nefesh / âme dans l’exil de toutes les envies et des instincts, qui peuvent être relatifs à celui de l’Égypte. Tout ce qui constitue les tendances négatives. Et ainsi, nous pouvons recevoir de très nombreuses réponses venant de Hachem. Nous pouvons crier fortement vers Lui. Jusqu’à susciter les miséricordes et qu’Il nous rapproche vers Son Service.

Chabat Chalom Kupath Rabbi Meir Baal Haness Elhanan