Enfermements & limitations

Paracha Chemot

Tous les exils, qui édifient des enfermements et des limitations, sont désignés sous le vocable ‘Mitsraim / Égypte’. C’est lorsque ‘l’autre tendance’ se renforce pour voiler le bien se trouvant dans chacun d’Israël. Elle tend à recouvrir chacun avec le mal, principalement au moyen de la tristesse et du désespoir. Elle le prend au piège dans ses filets. Ainsi, l’essentiel de l’exil de la Présence s’impose lorsque la tristesse domine sur Israël. Par conséquent, l’essentiel de la Délivrance se manifeste quand Hachem réveille Sa Miséricorde et inspire dans le cœur du véritable Juste de voir uniquement le bien à l’intérieur d’Israël. Alors, il s’efforce de les renforcer et de les ramener vers Hachem par ce moyen. Sur ce principe repose toute la Parachah de Chemot. Elle nous parle de la rigueur de l’exil égyptien et de leur délivrance grâce à Moshe Rabenou.

Comme il est écrit (Chemot 1,8) « un roi nouveau s'éleva sur l'Égypte, lequel n’avait pas connu Yossef ». Yossef représente le point central de bonté se trouvant chez tout un chacun d’Israël. Ils proviennent tous du principe de Yossef, duquel découlent tous les bons aspects implantés au

fond de chacun. Durant tous les jours de l’exil, tous ceux qui sont dénommés par le vocable ‘Égypte’, à chaque fois revient à la surface ce même concept ‘et se lève un nouveau roi’. Parce que se renouvelle sans cesse l’instinct de l’homme comme des nouveautés (Kidoushin 30:). Cela prend la dénomination de ‘roi’ et correspond (Kohelet 4,13) « un roi vieux et insensé ». De lui procèdent tous les empêchements et les obstacles. Car les oppositions se relèvent constamment. Comme il ressort de la Hagadah de Pessah « ce n’est pas qu’un roi qui s’est élevé contre nous pour nous éliminer. 

Mais, dans chaque génération et génération, à chaque fois à nouveau, il s’en trouve qui s’élève contre nous ». Cela se rapporte à ‘s’élève un nouveau roi’ mentionné plus haut. Certains interprètent ‘effectivement nouveau’, et d’autres ‘qui renouvelle ses décrets’ (Sotah 11.). Ces deux interprétations s’avèrent exactes. Car à chaque fois il y en a qui s’oppose et empêche à nouveau effectivement, et également ils renouvellent leurs décrets. Toujours, ils expriment leurs décisions avec de mauvaises et méchantes paroles. Elles s’opposent à la vérité. Ils veulent ainsi retenir et abaisser les individus pour les empêcher de s’adonner à l’étude de la Torah et se consacrer à la Tefilah.

C’est (Chemot 1,8) « qui n’avait pas connu Yossef ». Il s’est fait lui-même comme s’il ne connaissait pas du tout ses qualités de Juste, le principe de Yossef. Celui qui représente le bien. Ce qu’il parvient à tellement faire pénétrer dans Israël. Le principe représenté par Pharaon veut se renforcer et perturber constamment pour que chacun chute, pour qu’il regarde seulement vers le mal, et pas du tout vers le bien. Alors qu’en réalité, c’est exactement le contraire qui convient. Et (ibid. 1,13) « les Égyptiens accablèrent les enfants d’Israël de rudes besognes ». L’autre tendance, qui correspond à l’Égypte, impose un très dur esclavage au moyen de l’amplification de l’amertume et de la tristesse. Ce qui correspond à ‘la dure servitude’, ce sont toutes les questions et toutes les remises en cause de la Halahah / la loi, comme nous l’explique le saint Zohar (Pinhas 229:). À cause de cela, il devient extrêmement difficile d’étudier ou de prier. Et n’importe quel acte dans la sainteté devient difficile et pénible à accomplir. Parce qu’ils ont rendu réellement amère l’existence. Comme chacun peut le ressentir dans son Nefesh / âme.

Et (Chemot 1,15) « le roi d’Égypte s’adressa aux sages-femmes hébreux, qui se nommaient, l'une Chifrah, l'autre Pouah ». Ces sages-femmes hébreux font référence au Juste de la génération. Celui qui est occupé à enfanter dans Israël de saintes nouvelles générations. Elles seront attachées à la Torah et aux bonnes actions. Ce qui est l’essentiel des ‘enfantements’ engendrés par les Justes. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Tanhouma Berechit Rabah Noah) et par rapport aux noms des sages-femmes (Sotah 11:). Les Justes renforcent Israël grâce à leurs saintes indications. Ils les renforcent, selon l’idée du nom de Chifrah. En trouvant en eux également maintenant de bons aspects. Ce qui correspond (Cantiques 1,15) « je t’ai vue belle ». En référence à Chifra / l’embellissement des nourrissons.

Et Pouah, l’idée de parler et d’encourager les nourrissons, à la manière dont on calme les bambins. Il en va ainsi effectivement pour les occupations des Justes avec Israël. Ils insufflent / Pouim et cogitent en parlant avec eux au moyen d’allusions, pour les renforcer, les réveiller, les élever par rapport à toutes sortes de chutes et d’abaissements qu’ils endurent. À tous les instants, ils les secouent pour qu’ils se renouvellent dans le service divin, pour qu’ils attrapent tout ce qu’ils peuvent. Cela vraiment à la façon dont on tente de calmer un nourrisson qui pleure. Cela est compréhensible pour chacun qui connaît la miséricorde qui caractérise les vrais Justes à notre égard. Ils nous manifestent une grande mansuétude. Comme le dit le Prophète Yeshayahou (66,13) « comme un fils que sa mère console, ainsi Je vous consolerai ». Mais Pharaon le mécréant, qui incarne ‘l’autre tendance’, il symbolise le contraire de tous ces aspects. Aussi, il décrète aux sages-femmes hébreux de se conduire à l’opposé de cela.

C’est (Chemot 1,16) « si c'est un garçon, faites-le périr ; une fille, qu’elle vive ». Parce qu’un fils représente l’apaisement de la pensée, la réflexion posée, d’où découle tout le bien. Et Pharaon, il veut leur mort et la déchéance du bien. Pour imposer l’essentiel de l’emprise du mal, et des rigueurs des jugements (Zohar II 125, 130 – III 130). Parce qu’il représente la pensée agitée. Ce qu’est la tristesse et l’amertume. Il veut le renforcement du mal sur le bien. Que chacun tombe dans le désespoir, de sorte à ne plus reconnaître le bien qui se trouve en lui. Et de la sorte le mettre à mort. Mais, les sages-femmes ne l’ont pas écouté et elles n’ont pas suivi ses instructions (Chemot 1,18) « elles ont laissé vivre les garçons ». Elles n’ont été occupées seulement à leur existence et à les renforcer. Ce sont tous les jeunes qui aspirent à se rapprocher vers la sainteté. Il suffit de leur insuffler de la joie et de les renforcer au moyen de toutes sortes d’encouragement, en fonction de leurs aptitudes et conduites. En leur montrant les chemins de la sainteté, cela correspond ‘elles font vivre les enfants.

L’essentiel de la Délivrance est grâce à ces notions. Grâce au réveil face à Ses Miséricordes, et uniquement vers le bien. C’est (Chemot 3,7) « J’ai vu, J’ai vu l’humiliation de Mon Peuple qui est en Égypte ; J’ai accueilli sa plainte contre ses oppresseurs, car Je connais ses souffrances ». Et comme nous l’expliquent nos Sages ZL (Chemot Rabah 3,2) ‘J’ai vu et observé, il y a deux sortes de visions. L’une, parce qu’ils vont finir par fauter. L’autre, parce que malgré tout J’ai vu l’abandon de Mon Peuple’. Car, Je regarde seulement le bien se trouvant en eux, et Je ne vois pas du tout le mal en eux, grâce à cela il leur revient la Délivrance’. Tout l’échange entre Hachem et Moshe Rabenou lors de la ‘vision du buisson’ était en relation avec ce sujet. Car, il s’agit de toujours rechercher et trouver le bien en Israël. Et de toujours mettre en évidence le côté du mérite existant en eux. 

Ce sont des notions extrêmement élevées et profondes. Et en relation avec ces concepts, il existe des degrés innombrables, même entre les grands Justes. Également Moshe Rabenou, bien qu’il soit entièrement bon, au début il ne savait pas jusqu’à où parvient Sa Miséricorde. Raison pour laquelle il n’a pas voulu accomplir sa mission. Il avait constaté à l’intérieur d’Israël de très nombreuses perturbations. Hachem a dû le convaincre que malgré tout Il veut leur Délivrance. Parce que Lui, Il ne prend pas en considération uniquement les bons aspects. Tout cela correspond au signe qu’Il lui a montré avec le ‘bâton’. Il lui a transmis des allusions de ne pas parler contre Israël (Chemot Rabah 3,12) et comme nous l’explique Rachi. Il lui a démontré avec quelle facilité se transforme et revient le serpent sous l’aspect du ‘bâton’. Comme il est écrit (Chemot 4,4) « avance ta main et saisis sa queue ! Il avança la main et le saisit et il redevint une verge dans sa main ». Il s’agit d’une allusion que même dans l’extrême rigueur du venin du serpent, il est possible de l’attraper par un certain côté. Et trouver là-bas quelques aspects positifs. Grâce à cela même le serpent se transforme et se métamorphose en bien.

Source: Kupath Rabbi meir