Le principe des épousailles

Paracha Haye Sarah

Le principe des épousailles repose sur une acquisition au moyen de l’argent. La finalité et la conclusion pour prendre possession s’apprend de l’achat par Avraham du champ de Efron. Il lui dit (Berechit 23,13) « je donne le prix du champ ; reçois-le de moi ». Concernant l’homme et la femme, leur racine correspond aux attributs de charité et de jugement. Ceux-ci sont relatifs aux Noms de ‘Hachem’ et de ‘Elokim’. D’eux découlent les notions de ‘Surveillance’ et de ‘Nature’. Mais, en vérité, tous les deux ne forment qu’un. Parce que (Devraim 4,35) « Hachem est Elokim / l’Éternel ». Pour nous

enseigner, la Nature correspond à la notion de l’Éternel, de la Royauté, au principe de la femme. En elle-même elle ne possède pas du tout de force et de puissance pour diriger le monde, aussi puissante peut-elle être pour elle-même. Parce que c’est Hachem qui représente la Surveillance et Il est l’Éternel, béni soit-Il, qui seul est le Créateur ex nihilo, Il surveille, Il dirige et conduit tout. Et la Nature, par elle-même, ne possède absolument aucune maîtrise ou direction. Elle est active seulement en fonction du principe de la Surveillance qui la dirige. Et celle-ci possède la possibilité, à tout instant, de modifier la Nature. Comme cela s’est passé avec Moshe Rabenou pour les impressionnants miracles lors de la Sortie d’Égypte, lors de l’ouverture de la mer de Jonc, etc. Et par la suite avec d’autres Justes, etc.

Comme pour la femme, bien qu’elle soit la « maîtresse de la maison », elle la dirige entièrement, elle enfante, élève et éduque les enfants, elle cuisine, etc. Elle conduit et elle assume la responsabilité pour tout le bien-être et le nécessaire. Malgré tout, normalement, toute sa force est censée provenir de son mari, il est l’élément actif qui permet l’enfantement. Il lui dispense toutes sortes d’influences qui favorisent l’éducation, la consommation, l’habillement, etc. pour conduire sa maison. Il s’ensuit la possibilité d’être induit en erreur, comme si effectivement il existait une force indépendante dans la nature. Tout cela est voulu et provient de Hachem, pour permettre l’exercice du libre arbitre. À tel point qu’il est parfois également donné à la femme de s’opposer ou de se révolter contre son mari. Ainsi, une ‘mauvaise femme’ correspond à cette notion d’un service étranger, à l’idolâtrie. Rachi explique (Michlei 6,24) qu’il est fait allusion à la sainteté de la Torah et à la Emounah / croyance comme étant une ‘femme valeureuse’, à une femme bienfaisante. C’est toute la louange dans la conclusion de Michlei (31,10) « qui trouvera une femme vaillante ? Sa valeur surpasse de beaucoup celle des perles ». Tout ce chant lui est dévolu, comme étant celle qui entreprend tout, tout ce qui s’avère nécessaire, elle répond à tous les besoins. Selon la notion (ibid. 31,13-14 et suivants) « Elle se procure de la laine et du lin, et travaille d'une main joyeuse. Elle est comme un navire marchand, elle amène son pain de loin ». Aussi (ibid. 31,11) « le cœur de son mari a confiance en elle », pour bien nous faire saisir que tout est à elle. Comme si c’était la nature elle-même qui conduisait le monde.

Par rapport à toutes les théories des idolâtres, des naturalistes, les hérésies de tous les scientistes, ce sont ceux qui peuvent être associés à cette notion de la ‘mauvaise femme’, de la femme adultère. Le principe énoncé par Yehezkel (16,32) « la femme adultère, qui reçoit des étrangers au lieu de son mari ». Car nous savons que l’idolâtrie, qui sévissait dans les précédentes générations, les hérésies et l’occultisme qui se sont alors multipliés, tout découle de ces mauvais prétendus sages. Ils ont institué toutes sortes de philosophies. Comme tout cela ressort de leurs propres écrits. Raison pour laquelle lorsqu’on s’engage à ramener des personnes vers Hachem, et l'on accepte et reconnaît Sa Surveillance complète, alors il s’ensuit comme il est écrit (Ochea 2,9-10) « alors elle dira : ‘il faut que je retourne vers mon premier mari, parce qu'alors j'étais plus heureuse que maintenant’. Et elle n'a pas su que c'est Moi qui lui ai donné le blé, le vin et l'huile ; l'argent et l'or que Je lui ai donnés en abondance. »

Raison pour laquelle la procédure des épousailles d’un homme avec sa femme s’effectue au moyen symbolique de l’argent. Parce que l’argent représente l’ensemble de toutes les influences. Comme il est écrit (Kohelet 10,19) « l’argent répond à tout ». Pour illustrer l’essentiel du lien, car elle doit recevoir de lui toute l’influence et l’abondance. Ainsi, elle peut conduire sa maison. Parce qu’elle est (Berechit 2,23) « un os de mes os, c’est la chair de ma chair ». Car naturellement toute son existence et toute sa force devraient venir de l’influence de son mari. Mais il importe qu’elle soit satisfaite de cette situation. Car une future femme ne peut être épousée seulement avec son plein consentement, son acceptation et sa satisfaction (Kidoushin 2:). Pour démontrer qu’il n’est pas donné de rapprocher et d’assembler des éléments qui doivent s’assembler naturellement, si ce n’est pour donner suite à leur bon vouloir et leur acceptation réciproque. Car la force que possède la nature de dissimuler la Surveillance vient seulement pour permettre l’exercice du libre arbitre. Par conséquent celui qui n’aspire pas effectivement à la sainteté, mais il veut se débarrasser du joug ; il veut se tromper en allant selon les indications de son esprit, en suivant les incitateurs des conceptions naturalistes. Assurément, il n’est pas possible de le faire dévier de ses mauvaises voies, selon le principe (Michlei 2,19) « tous ceux qui rentrent chez elle ne reviennent pas, ils n’atteignent pas les sentiers de la vie ». Et il est écrit (ibid. 23,9) « ne parle pas aux oreilles de l’insensé, car il méprisera la sagesse de ton discours ».

Le libre arbitre possède une force extrêmement grande. Celui qui choisit la vie, et il pense vraiment à sa propre finalité, il oriente sa pensée vers la vérité. Il parvient à saisir et à appréhender la vérité. Essentiellement au moyen de la recherche et de la quête intensive pour se rapprocher vers de vrais Justes et de leurs enseignements. Ce sont ceux qui possèdent le principe de la sainteté et la pureté de l’esprit. Du fait que toutes leurs pensées et paroles sont basées et inspirées par la vérité de la Torah de Moshe Rabenou, écrite et orale. Comme nous l’ont transmis nos Prophètes et les Tanaïm après eux. Ils possédaient tous cette sainteté de l’esprit. Eux seuls étaient à même de clarifier l’imagination. Grâce à cela est attirée la croyance dans la Création et le renouvellement du monde. Grâce à cela est dévoilée la Surveillance. Mais celui qui se laisse entraîner et se détache de ces conceptions, il veut se couper de ces liens et suivre les inclinations de sa propre compréhension, pour suivre les conceptions de ces savants scientistes. La plupart de leurs élaborations s’avèrent être effectivement le contraire et l’opposé des explications de notre sainte Torah. À l’évidence, il s’ensuit l’impossibilité de les convaincre et de modifier leurs perceptions même en démontrant les erreurs et les mensonges de ces savants scientistes. Car le libre arbitre reste entier. De là découlent les conditions d’acceptation par la femme seulement avec son entier consentement. Car, en quelque sorte, la femme représente ce principe du naturel. Elle ne peut être rapprochée vers son époux, duquel doivent provenir toute la présence et l’existence, ce qui est représenté par la Surveillance, à la seule condition de son désir sincère et de son acceptation. Pour permettre l’entier exercice du libre arbitre.

Aussi Avraham s’est beaucoup investi pour acquérir le Caveau de Mahpelah, avec précisément sa demande de le payer au moyen de « l’argent entier ». Comme il est écrit (Berechit 23,13) « si pourtant tu voulais bien m'écouter. Je donne l'argent du champ, prends-le de moi ». De même pour David lorsqu’il acheta l’emplacement du Sanctuaire de Aronah le Jébuséen, il lui dit (Shmuel 24,24) « mais je veux l'acheter de toi à prix d'argent, et je n'offrirai point à Hachem, mon Éternel, des holocaustes gratuitement ». Comme il ressort du saint Zohar, ces endroits sont revêtus d’une très imposante sainteté. Car le Caveau de Mahpelah se situe au Portail du Jardin d’Eden. À travers lui s’élèvent toutes les Nechamot / âmes vers l’Arbre de la Vie, etc. Ainsi pour l’emplacement du Sanctuaire, il représente le Portail des Cieux. Tout ce qui instaure la sainteté du pays d’Israël. Comme il est écrit (Devarim 11,12) « pays que Hachem, ton Éternel, observe ; constamment les yeux de Hachem, ton Éternel, sont sur lui ». Évidemment, le pays d’Israël lui-même possède une grande sainteté et il se révèle plus important. Ainsi se dévoile d’autant plus la Surveillance. Et le dévoilement de l’extrême sainteté du Caveau de Mahpelah l’a rendu propice pour servir de sépulture pour nos Patriarches et Matriarches. Pour qu’ils s’élèvent depuis là-bas et s’incluent dans Hachem. Mais ces emplacements se trouvaient être sous la possession de « l’autre tendance », chez Efron et Aronah.

Il en va ainsi pour tous les endroits et les situations où se dissimule, dans ce monde matériel, une prodigieuse sainteté. Ils se trouvent au début appartenir à « l’autre tendance ». Elle est fondamentalement constituée par l’hérésie basée sur des aspects naturels. Raison pour laquelle il n’était pas possible d’extraire d’eux toute leur sainteté. La condition exigée était leur consentement et leur accord au moyen d’un paiement en argent, et pas gratuitement. Parce qu’à l’intérieur de l’argent se retrouvent toutes les influences. Raison pour laquelle toutes les erreurs, basées sur l’hérésie des forces de la nature, tout ce qu’est l’idolâtrie, découlent essentiellement des envies d’argent. C’est pourquoi il est impossible de leur retirer ce qu’ils ont « avalé » avec engouement, si ce n’est au moyen de l’argent, comme ont agi Avraham et David. Et tous ceux qui voudront bien réfléchir sur ces notions comprendront tous les enseignements à en retirer.

Source: Elhanan Lepek