Des Israéliens réparent le coeur

Israël Technologies

Publiés dans le European Heart Journal, les résultats d'une recherche issue d'une collaboration entre scientifiques du Technion et du centre médical Rambam de Haïfa nous rapprochent d'un exploit aux répercussions importantes. Un traitement permettant de traiter l'insuffisance cardiaque, pathologie mettant le coeur dans l'incapacité de pomper la quantité de sang requise à son bon fonctionnement, devient un enjeu capital.

En effet, comme l'explique Nicholas Mills cardiologue consultant a l'Université d'Edinburgh "de plus en plus de gens survivent à une crise cardiaque et vivent avec un coeur diminué. Malheureusement le corps n'a pas la capacité de réparer le coeur après une crise cardiaque."

C'est ainsi que des scientifiques israéliens ont réussi à transformer des cellules provenant de la peau de patients souffrant de cette condition en cellules cardiaques saines. La grande nouveauté repose dans le fait que ces cellules proviennent du patient lui même réduisant ainsi le risque de rejet.

L'équipe de Lior Gepstein professeur en médecine et physiologie a transformé ces cellules de peau en ajoutant a leur noyau trois gènes et une molécule, la valproique, Cela a conduit la création de HiPSC (Cellules Souches Pluripontentes induites) ayant la capacité de se différencier en cellule cardiaque; et cela de manière aussi effective que si ces HiPCS provenaient de sujets ayant un coeur sain.

Gepstein explique que le principal problème avec la création de HiPCS étant le développement du gène C-Myc, source de cancer, son équipe a réussi à reprogrammer un virus qui, adjoint à la cellule, détruit ce gène.

Mais le travail est loin d'être terminé. De nombreux projets de recherche doivent permettre de déterminer s'il est possible de produire un nombre suffisant de ces cellules pour un traitement effectif. De plus, il faut établir une stratégie permettant d'empêcher que la cellule reprogrammée soit source de tumeurs cancéreuses lors de son implantation. Il est de même possible que l'ablation des tissus endommagés par la crise cardiaque soit requise pour favoriser le développement de cellule saines.

Tim Nelson, chercheur spécialisé dans la médecine régénérative à la clinique Mayo dans le Minnesota applaudit ces travaux qui permettent "de mieux comprendre comment les HiPCS peuvent être utilisées pour traiter les coeurs affaiblis par une crise cardiaque" ajoutant que "ces cellules modifiées ont démontrées qu'elles pouvaient s'intégrer à un tissu cardiaque sans endommager son activité électrique".

Lior Gepstein précise qu'il estime qu'il faudra une dizaine d'années avant de démarrer les essais cliniques sur les êtres humains. Mais le processus est lancé et malgré toutes les réserves que l'on se doit d'adopter, ces recherches soulèvent un espoir formidable.

Sources: BE