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Comme un pommier parmi les arbres de la forêt

Chavouot

Il est enseigné dans la Guémara Chabbat (88a):
Pourquoi Israël est-il comparé à la pomme, comme il est dit : « Comme un pommier parmi les arbres de la forêt », ainsi que le verset « … et l'odeur de tes narines comme celle des pommes » (versets du Chir Ha-Chirim) ? Les Tossafott expliquent que la « pomme » mentionnée dans les versets du Chir Ha-Chirim représente en réalité le Etrog (Cédrat), comme précisé dans le Targoum (traduction araméenne) sur ces versets (telle était apparemment la version du Targoum que les Tossafott avaient sous les yeux).

Nos maitres répondent que

le point commun entre Israël et le Etrog réside dans le fait que le fruit du Etrog pousse sur l’arbre avant ses feuilles.
Ainsi, Israël devança le « Na’assé » (l’engagement à accomplir les Mitsvot) au « Nichma’ » (l’engagement à étudier la Torah), comme il est dit:
« Il prit le rouleau de l’alliance, il lut aux oreilles du peuple. Ils dirent : « Tout ce qu’à dit Hachem, nous le ferons et nous le comprendrons. »

Mais cet enseignement mérite réflexion
En effet, Israël est comparé au fruit du Etrog, qui devance ses feuilles sur l’arbre, et ainsi Israël devance le « Na’assé » au « Nichma’ ».
Selon cela, le « Na’assé » d’Israël est comparable au Etrog, alors que leur « Nichma’ » est comparable aux feuilles du Etrog.

Et l’on peut s’interroger:
Puisque le fruit du Etrog est l’image de l’accomplissement des Mitsvot, et ses feuilles représentent la compréhension de la Torah, est-il concevable que le peuple d’Israël devance l’accomplissement de toutes les Mitsvot à la Mitsva d’étudier la Torah?!
Pourtant la valeur de l’étude de la Torah est beaucoup plus grande que celle des autres Mitsvot pratiques, car « l’étude est grande puisqu’elle mène à la pratique », et il est dit par ailleurs au sujet de l’étude de la sainte Torah : « Elle est plus précieuse que des diamants, et tous tes désires ne l’égalent pas ». Or, nos maitres (Yalkout Michlé chap.934) expliquent ce verset ainsi : « tes désires », ce sont les Mitsvot, qui sont en fait les désires d’Hachem, et malgré tout, elles n’égalent pas la valeur de l’étude de la sainte Torah. De plus, le RAMBAM écrit (chap.3 des règles relatives à l’étude de la Torah) : « Tu ne trouveras pas une seule Mitsva parmi toutes les Mitsvot, qui équivaut l’étude de la Torah. C’est au contraire l’étude de la Torah qui équivaut toutes les Mitsvot, car l’étude mène à la pratique. C’est pourquoi, l’étude prime sur l’accomplissement en toute situation. »
Selon tout cela, comment comprendre que nos ancêtres ont devancé l’engagement dans la pratique des Mitsvot, à la Mitsva la plus fondamentale et la plus précieuse qui est celle d’étudier la Torah?

En réalité, il semble que lorsque Israël dit « Na’assé VéNichma’ » (Nous accomplirons et nous comprendrons), leur intention n’était pas de devancer l’accomplissement des Mitsvot à l’étude de la Torah, car de toutes façons il est inconcevable d’accomplir les Mitsvot sans étudier au préalable la Torah, comme il est écrit: « Vous les apprendrez (les Mitsvot), vous les observerez afin de les accomplir. »
La véritable intention d’Israël était d’étudier la Torah et d’accomplir ensuite les Mitsvot, et ce n’est qu’ensuite qu’ils « comprendrons » (Nichma’), c'est-à-dire : nous étudierons ensuite afin de comprendre les raisons des Mitsvot (car le sens du mot « Nichma’ » qui se traduit par « nous écouterons », signifie aussi « comprendre », comme il est dit au sujet de Yossef : « car Yossef écoutait », ce qui signifie que Yossef comprenait les propos de ses frères).
Or, la compréhension du sens de la Mitsva est en réalité d’une importance inférieure au fait d’accomplir la Mitsva elle-même.

C’est donc une véritable comparaison avec le Etrog, dont le fruit - qui est comparé à l’action de la Mitsva - devance les feuilles qui représentent la compréhension du sens de la Mitsva. (voir Maor Israël-Darouchim, discours sur la fête de Chavou’ot).

Tizkou Léchanim Rabbot, Né’imott Vétovott !
‘Hag Saméa’h !
Source: Halakha Yomit